Environnement – Est-ce bien utile de raser la pelouse au moment où la faune et la flore en ont le plus besoin ? Les amis des oiseaux donnent leurs conseils.

La Nouvelle République 19/05/2014 05:46
 Tondeurs, débroussailleurs : faut-il arrêter le  » massacre  » ?
 C’est devenu un réflexe, comme une pulsion : « nous sommes tous prêts à bondir sur nos tondeuses dès que l’herbe de la pelouse commence à redresser ses premières feuilles. En cette période de rigueur, profitons-en pour faire des économies et surtout pour changer nos habitudes », suggère Didier Nabon.

STOP FAUCHAGE

 La haie devait être rabattue, certes, mais fallait-il le faire au printemps en employant des méthodes aussi expéditives ? – (Photo NR, Jérôme Dutac)
Le délégué du groupe LPO 41 ne décolère pas : « On assiste à un véritable massacre en ce moment. Comment voulez-vous que les oiseaux puissent trouver leur nourriture, est-il surprenant que la flore s’appauvrisse d’année en année lorsque l’on voit partout que le moindre espace est tondu dès les premiers jours du printemps ! »
A Chambon-sur-Cisse, Alain Gauthier et quelques autres voisins font de la résistance. Ils ont vu les bordures des chemins communaux, pourtant fort peu passagers, rasés comme des tapis-brosses. « Depuis le printemps, c’est la seconde fois qu’ils passent. Beaucoup de temps et de l’argent, pour rien, si ce n’est détruire l’environnement. Personne ne le demande ! Ici, quinze espèces d’orchidées sont recensées. C’est magnifique, mais à ce train-là, les enfants n’auront pas l’occasion de les admirer. »

FAUCHAGE 1

 Pas de tonte intempestive, les passereaux apprécieront. – (Photo NR, Jérôme Dutac)
«  On détruit les nids d’alouettes  »
Dans l’agglomération blésoise, l’illustration de ce gâchis est visible de la déviation passant devant l’espace loisirs Agl’eau Blois. Plus de deux hectares inutilement tondus des heures durant pour le malheur de la faune et de la flore. « Dans cet espace, on détruit consciencieusement les nids d’alouettes et de bergeronnettes qui nichent au sol. »
Il n’y aurait donc que le vert tondu comme standard des paysages périurbains, là où il y a peu, le foin venait à terme, fauché en juin pour une reprise plus florissante encore la saison suivante.
Dans la haie bordant le chemin communal à l’extrémité du bourg de Chambon, Alain Gauthier avait repéré un merle à tête blanche. L’oiseau, peu commun, nichait là depuis quatre ans parmi toute une faune bruissante et virevoltante. Le broyeur à bras est passé il y a peu, en pleine période de nidification. Un coup en haut, un coup sur le côté pour faire plus propre, les oiseaux trouveront bien à se loger ailleurs. « Il faut entretenir, bien entendu », conclut Alain. « Mais il n’y a aucune nécessité à tondre les bordures de routes qui ne présentent pas de danger pour la circulation routière. Ce sont les derniers endroits exempts de pesticides ! »
pratique
C’est pourtant facile !
> La hauteur de la coupe est très importante, elle ne doit pas être inférieure à 6 ou 7 centimètres. Une tonte rase détruit 70 % des insectes présents.
> Il ne faut pas intervenir à la fin du printemps, époque de l’année durant laquelle beaucoup de plantes vont disséminer leurs graines.
> Il convient de commencer une tonte par l’intérieur du terrain de manière à laisser le temps aux animaux présents de s’échapper sur les côtés.
> L’herbe laissée sur place permet aux insectes de reprendre leurs habitats.
> Sur un grand espace, il est possible de tracer des passages à la tondeuse, sorte de petites allées, ainsi que des zones rases comme lieu de vie et de jeu pour les enfants. Cela permet de circuler en n’intervenant sur le reste du terrain qu’une ou deux fois pas an. Sur les zones non touchées se développeront très rapidement des espèces végétales insoupçonnées.
Henri Lemaire
Loir-et-Cher – Environnement

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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