Positivons ! le 31 mai sera la « fête de la dette »

Politis.fr – 21 mai 2014
C’est une formule qu’on entend depuis plusieurs générations : « La France est endettée. » Plutôt que de subir ce martèlement, le comédien et humoriste Christophe Alévêque a décidé de prendre cette dette au collet en lui faisant sa fête, lors d’une soirée organisée au Centquatre, à Paris
La dette ? Une fête !
« La dette est un dossier trop important pour le confier à des experts. » L’humoriste Christophe Alévêque présente la Fête de la dette, organisée le 31 mai à Paris.
La Fête de la dette, une soirée organisée au profit du Secours Populaire, le 31 mai au CENTQUATRE, à Paris.
19h Spectacle Le Tour de la dette en 80 minutes, conçu et écrit par Christophe Alévêque et Vincent Glenn

20h Le Grand Bal de la dette avec Le Bal des Martine

affiche

40 ans de « crise » : manipulation ou paresse intellectuelle ?

Une tribune du Nouvel Obs accordée à Yann Deffontaine, informaticien dont voici un extrait :
pib-france-depuis-1950-5bc93En réalité, la dette ne mesure que l’incompétence des hommes politiques
Dette de l’Etat : elle atteint près de 100% du PIB, et augmente mécaniquement tous les ans. C’est un vrai problème, car cette dette est essentiellement détenue par les marchés financiers ; Nous sommes donc à la merci d’un retournement de confiance qui pourrait faire exploser les taux d’intérêt de notre dette, et donc notre dette elle-même.
Mais en réalité, la dette n’est pas un indicateur économique : c’est un indicateur de la qualité du personnel politique du pays. Une classe politique médiocre raisonne à 5 ans (durée d’un mandat électif). Dans ce cadre intellectuel, s’endetter n’est pas gênant. Raisonner à 15 ans change totalement la donne, puisqu’une simple projection permet de visualiser le désastre qui se prépare.
Force est de constater que la classe politique française, sans aucune envergure intellectuelle, et sans aucun sens de l’intérêt commun, a conduit les finances publiques dans le ravin entre 1980 et 2014. Parvenir à endetter le pays de cette façon, dans un contexte de croissance économique est difficilement excusable. Financer notre protection sociale avec de la dette équivalait à faire payer aux générations futures la sécurité sociale d’aujourd’hui. Ca vous paraît fou ? Nous l’avons fait. Ce faisant nous avons « tiermondisé » notre budget, en faisant du poste de remboursement de la dette le premier poste budgétaire.
Il est temps que l’Europe nous mette au pas : nous ne sommes simplement pas capables de nous gérer. Pas la peine de crier à l’outrage et à l’atteinte à la souveraineté, lorsqu’on n’est pas capable de gérer son propre budget.
Mais de crise économique, toujours point trace : personne d’autre que nous même n’est responsable de nos finances publiques. Nous portons l’entière responsabilité de la situation, et quoi qu’en disent nos politiciens ce n’est pas la faute de la ’crise’ : les rentrées budgétaires n’ont cessé d’augmenter entre 1980 et 2014. Nous avons simplement dépensé encore plus.
De nouveaux indicateurs
Au lieu d’alimenter sans fin la déprimante saga de la « crise », les économistes et journalistes feraient mieux de pointer les succès industriels et économiques du pays. Quitte à obliger les politiques à assumer leur bilan, pas toujours négatif, mais pas toujours glorieux non plus.
Pour cela, il faut :
1- Décoller son nez d’indicateurs peu pertinents en soi, et franchement inutiles ou néfastes sur une base annuelle.
2- Fabriquer des indicateurs macro-économiques qui permettent d’analyser finement, sans perdre de vue l’essentiel. C’est ainsi que les analystes pourront rester arrimés à la réalité et ne pas perdre tout contact avec le simple bon sens. Et ainsi ne pas expliquer durant 40 ans qu’une économie s’effondre, alors qu’elle est au contraire en plein développement…
3- Établir une distinction intelligente entre économie et politique ; Et commencer par arrêter d’amalgamer des indicateurs qui en réalité ne sont pas tous des indicateurs économiques, comme la dette de l’Etat.
4 – Sortir de sa zone de confort.
Pourtant, le monde est tellement plus intéressant aujourd’hui …
Personne ne semble être en mesure de donner au monde une vision un peu globale, sur le moyen terme (15 ou 20 ans de profondeur suffisent largement pour démentir tous les discours dépressifs). C’est particulièrement frappant en France, ce pays développé qui n’a pas cessé, depuis 60 ans, de progresser et d’améliorer le niveau de vie et de confort de ses habitants. Mais dont n’émanent que des voix annonçant des désastres.
C’est vrai également au niveau planétaire : depuis les années 1950, le monde s’est développé économiquement massivement ;
Mais nous ne sommes pas seulement plus riches : l’indice de développement humain ne cesse de progresser sur tous les continents ; Le monde s’est aussi démocratisé (20 démocraties en 1946, contre 88 démocraties en 2005). La liberté de la presse a progressé, de même que le niveau sanitaire et le niveau d’instruction de la population mondiale. Surtout, les esprits humains se sont développés. Avec l’augmentation du niveau d’instruction et le développement des nouvelles technologies, qui ont aboli les distances, les humains sont mentalement plus proches et plus solidaires qu’il y a 20 ans.
Un seul exemple : en 2004 un tsunami dont l’épicentre se trouvait dans l’Océan Indien a causé la mort de plus de 200 000 personnes en Asie, notamment en Indonésie, au Sri Lanka, en Inde et en Thaïlande. Cet événement extraordinaire a suscité une émotion générale, et une vague de solidarité internationale sans précédent. En France, les associations ont fini par demander à la population d’arrêter de faire des dons, le niveau de dons excédant largement leur capacité à agir.
Ce qui est nouveau ce n’est pas cette catastrophe, car il y en avait déjà eu, de plus graves encore. La nouveauté réside dans la réaction des populations résidant de l’autre coté du globe : elles se sont senties solidaires des populations touchées comme jamais auparavant. 30 ans plus tôt, nous étions sidérés par ce type de catastrophe, mais elles nous semblaient tellement loin, tellement exotiques, que nous ne nous sentions pas autant concernés, et nous étions moins solidaires des populations touchées. On ne peut en conclure qu’une chose : les humains ont progressé dans leur perception d’eux-mêmes.
Les distances géographiques et culturelles ne sont plus perçues comme des différences nous rendant fondamentalement différents les uns des autres. Il en résulte un sentiment de proximité et de solidarité qui s’est planétarisé.
Conclusions
Ces 40 dernières années, l’humanité s’est considérablement développée économiquement, quoi qu’en disent les Cassandre professionnels du taux de croissance annuel ;
Les progrès technologiques accomplis sont également impressionnants ; quiconque a comme moi connu un monde sans ordinateur, peut appréhender le chemin accompli, et aussi l’impact formidable que ces progrès ont eu sur nos vies.
Il y a 40 ans, même les auteurs de science-fiction n’avaient pas imaginé ces technologies. Aujourd’hui, l’accès à internet est pratiquement considéré comme un droit de l’Homme…
Les progrès sociétaux sont aussi gigantesques à l’échelle de la planète.Démocratisation, alphabétisation, droit des minorités, respect des différences, égalité, écologie : la part de la population mondiale bénéficiant de ces progrès n’a pas cessé d’augmenter.
L’humanité s’est aussi développée intellectuellement.
Il n’existe pas à ma connaissance d’indicateur permettant de mesurer ce progrès.
Pourtant, ce n’est pas le moindre de nos succès…

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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