Brésil, la Coupe du monde qui court après le temps perdu

France Info – 22/05/2014 0
Le chantier du stade de Curitiba, au Brésil, en décembre 2014
© Maxppp – Le chantier du stade de Curitiba, au Brésil, en décembre 2014
Les retards ont émaillé toute l’organisation du Mondial et continuent d’inquiéter : retards dans les travaux d’infrastructures, dans la construction des stades… Le Roi Pelé lui-même a déclaré que c’était une « honte » pour le pays, qui a eu sept ans pour se préparer.
Sur la route qui mène de l’aéroport au centre de Curitiba, les pelleteuses s’activent. Sur les onze gros chantiers en cours prévus pour le Mondial, la ville prétend en finir neuf dans les temps. Mais il reste du travail et les habitants perdent patience.
« Trottoirs« , « signalisation« , « illumination« , « extension de l’aéroport« , « métro« , « améliorations des bus« … Où qu’il pose les yeux, Michel, un habitant de Curitiba, ne voit que des chantiers en retard. Et il est excédé : « Rien n’a été fait ! En revanche, la facture est bien arrivée, mais tous les bénéfices liés aux améliorations des infrastructures, ça on les attend encore. »
Menacée d’être exclue du Mondial
L’ensemble des villes hôtes accusent de sérieux retards dans les aéroports et la mobilité urbaine. Quant aux stades, quatre des douze enceintes prévues restent à finaliser. Les travaux prévus dans les douze villes hôtes du mondial ont tous pris du retard. Mais c’est à Curitiba, malgré une réputation de ville modèle au Brésil, que la situation est la plus critique. A tel point que la FIFA a un temps menacé la ville de l’exclure du Mondial.
Pour Ivan Vinicius, chef de cabinet à l’organisation de la coupe du monde, cette réputation est « un peu exagérée« . Il accuse le gouvernement fédéral et la banque publique d’investissement d’avoir respectivement tardé à transférer les financements pour les travaux de mobilité urbaine et pour la construction du stade. »On a dû soit arrêter les chantiers  soit réduire le nombre d’ouvriers. Du coup on a été retardé pour la livraison.Tout cela, c’est en grande partie à cause de cette bureaucratie, qui existe dans notre pays.« 
Avec ses trois niveaux de compétences (fédéral, étatique, municipal), il est vrai que le Brésil supporte une des bureaucraties les plus lourdes au monde.
Une culture du retard ?
Mais tous ces retards viennent aussi de la difficulté presque culturelle qu’ont les Brésiliens à planifier des projets, affirme Paulo Chiesa, architecte et professeur d’urbanisme à l’université fédérale du Parana. Alors qu’en Europe ou aux Etats-Unis, on prend « deux ans pour élaborer, planifier en détails les projets« , au Brésil, « vous montez un projet très vite, de façon incomplète, et du coup la réalisation est plus longue« , car le budget initial doit être revu : « Il y a aussi, tant du côté de l’Etat que des entreprises, une culture du : « combien je vais pouvoir empocher avec tout ça ? ». Concrètement il y a du vol, de la corruption.« 130621-coupe-monde-foot-bresil-mutio
Conséquence de ces retards : les coûts des travaux ont bondi : + 35% pour la mobilité urbaine, + 75% pour le stade. Pour la population de Curitiba, c’en est trop. Pour la première fois, selon un récent sondage, une majorité s’est dite contre la tenue du Mondial.

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