L’industrie touristique et hôtelière en baisse : la faute aux salauds de pauvres

Siné Mensuel – juillet/août 2014 – Isabelle Alonso
Difficile d’obtenir des statistiques précises, tant les critères peuvent être variables, mais les gazettes s’accordent sur un point : le nombre de Français qui ne partent pas du tout en vacances augmente chaque année. Que le gueux, n’ait plus les moyens de son camping, c’est le jeu, ma pauvre Lucette, mais c’est que ça génère du manque à gagner pour l’industrie touristique et hôtelière. Et là, ça coince.
La presse le dit, le gouvernement le répète, la France n’est pas compétitive. Dans la course mondialiste, ses pauvres ne sont pas encore assez pauvres. Leur travail coûte un œil. Leur chômedu, la eau du cul. Quant aux retraités, ils s’entêtent à survivre, comme si on avait les moyens d’entretenir des subclapotants.
La pensée dominante martelée en continu sur les chaînes d’info est formelle. Cheminots, intermittents, assurés sociaux et autres assistés abusent de leurs privilèges d’un autre âge Poussent le pays à la ruine. Refusant d’admettre qu’ils paralysent la société toute entière avec leur manie de vouloir manger à leur faim et dormir sous un toit.
Et voilà qu’en plus, ces enfoirés ne partent pas en vacances ! Sabotent le système ! Non seulement ils ne gagnent pas d’argent, mais ils refusent d’en dépenser. Comment voulez-vous que le pays s’en sorte ? Tu m’étonnes que le gouvernement ait l’air plus largué encore que l’équipe du Brésil au mondial. Sait pas par quel bout saisir le bâton merdeux qui voudrait que le prolo en arrive à gagner moins pour rester compétitif avec le Chinois et dépenser plus pour donner à becqueter au made in France.
On se souvient du discours médiatique des années 80, inspiré par les délires de Milton Friedman, l’économiste préféré du dictateur Pinochet « Quand les riches s’enrichissent, les pauvres aussi », pouvait-on lire dans la presse de l’époque. On allait voir ce qu’on allait voir.
Effectivement.
Bonne vacances.
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A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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