Colombie – Conflit d’un demi-siècle : la parole libérée des victimes

Le Monde 19/08/2014

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Le président colombien, Juan Manuel Santos, n’a pas caché son allégresse, évoquant un « pas immense ».

Pour la première fois, des victimes du conflit qui ravage le pays depuis un demi-siècle ont pris part ce week-end aux négociations menées entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) à La Havane.
Les discussions se sont déroulées à huis clos, mais dans une atmosphère « très respectueuse », selon plusieurs sources citées par Semana et El Heraldo. Des six points à l’ordre du jour des pourparlers, trois ont déjà fait l’objet d’un accord : le développement rural, la participation de la guérilla à la vie politique et la lutte contre le narcotrafic.
Mais celui des réparations dues aux victimes est l’un des plus complexes car les belligérants s’accusent mutuellement de violence armée – laquelle a fait près de 220 000 morts en cinquante ans.
Qu’est-ce qu’une victime ? Chacun des deux camps a sa propre interprétation, bien tranchée, de l’acception de ce terme, souligne le Christian Science Monitor. Douze personnes, sur les soixante amenées à s’exprimer, ont déjà livré leur témoignage. Parmi elles, rapporte Colombia Reports, cinq seulement ont connu les atrocités des FARC, les sept autres ayant subi, qui la violence de l’Etat, qui celle de groupes paramilitaires liés à l’Etat, qui, encore, celle d’auteurs non identifiés.
Une « pondération » qui, à en croire El Universal, « mine la crédibilité du processus et la possibilité que le peuple le ratifie dans les urnes ». Plus optimiste, El Heraldo se félicite que les victimes aient enfin la parole ; une avancée qui revêt « une profonde signification politique ». L’heure de la Colombie a-t-elle enfin sonné ? Pour Virginia M. Bouvier, spécialiste de l’Amérique latine à l’Institut américain pour la paix (USIP), « un accord final n’est nullement garanti, mais les chances de l’atteindre sont bonnes »

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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