Allemagne – Berlin pris au piège de « l’espionnage entre amis »

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Cela ressemble à s’y méprendre à la fable de « l’arroseur arrosé ». Il y a quelques mois, la chancelière allemande, Angela Merkel, s’indignait que son téléphone portable pût être mis sur écoute par la NSA, l’agence de sécurité nationale américaine. « L’espionnage entre amis, cela ne se fait pas », avait-elle vitupéré.
Et voici qu’aujourd’hui, le service de renseignement extérieur allemand (BND, l’équivalent de la DGSE française) est accusé d’avoir intercepté au moins une communication du secrétaire d’Etat américain, John Kerry, et de sa devancière Hillary Clinton, rapporte la Deutsche Welle, reprenant des informations du Spiegel.
Simple « accident » ? C’est ce qu’assure le gouvernement Merkel. Peut-être plus embarrassant pour le pouvoir ultra-rhénan, le BND espionnerait la Turquie – pays allié et membre de l’OTAN – depuis 2009. Objectif : surveiller les Kurdes du PKK, les militants islamistes et gauchistes, les réseaux de trafic humain et de drogue, mais aussi « l’activisme politique du gouvernement turc via des associations présentes en Allemagne ».
Sans surprise, indique Die Welt, les autorités turques ont vivement réagi, dénonçant une attitude « scandaleuse ». Signe que l’affaire n’est pas prise à la légère sur les rives du Bosphore, l’ambassadeur d’Allemagne en Turquie, Eberhard Pol, a été convoqué lundi à Ankara au ministère des affaires étrangères. Lequel accuse Berlin de « mettre en péril la coopération bilatérale ».
En Allemagne, l’écologiste Jürgen Trittin et le conservateur Wolfgang Bosbach ont pris fait et cause pour le BND, au nom de la défense de la « sécurité nationale ». C’est aussi le cas de la FAZ. Le Spiegel, lui, défend le point de vue inverse. Et estime que si l’Allemagne veut prendre sa part de responsabilités à l’échelle mondiale, une discussion s’impose sur le rôle des services de renseignement. Non en secret, mais en toute transparence.
Le Monde 20/08/2014

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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