Le sénateur Longuet veut des sous..

Le Canard Enchaîné – 24/09/14 –
La moitié des sénateurs seront renouvelés le 28 septembre. Non concerné cette fois-ci, Gérard Longuet mène campagne pour devenir président du groupe UMP au Sénat. Dans une bafouille de trois pages et en sept points, le 9 septembre, le sénateur dévoile son programme. Il promet de livrer bataille pour améliorer le « statut matériel du sénateur« .
0« Résolu à ne pas subir les sempiternels reproches issus de l’antiparlementarisme latent des jaloux…« , il aurait bien aimé un « rattrapage » du traitement des sénateurs (7 100,15 euros par mois), qu’il juge « modeste« . Malheureusement, il reconnaît que, « compte tenu d’un environnement économique » pas vraiment favorable, ce n’est pas possible. Il recommande cependant de « ne rien céder sur le volume » de l’indemnité. Car, écrit-il, « elle correspond à un traitement médian dans l’échelle des cadres français, entre le contremaître et le PDG, et en fait plus proche du premier« . On connaît des contremaîtres qui aimeraient bien avoir un train de vie de sénateur !
Longuet l’ancien ministre regrette également que l’indemnité de frais de représentation et de mission (6 037,23 euros net mensuels) ne soit pas, elle aussi, revalorisée. Parce que, plaide-t-l, « pour un sénateur qui (comme c’est son cas, il va sans dire) exerce effectivement son mandat« , cette manne « est plus qu’entièrement consommée« .
Étrangement, il ne fait aucune allusion aux 7 548,10 euros que le Sénat verse également par mois aux parlementaires pour payer leurs assistants.
Enfin, Longuet, 68 ans, prépare son propre avenir en justifiant le niveau moyen des pensions de sénateur. Soit 4 342 euros mensuels (hors majoration pour enfant). Il souligne que, « si le régime des retraites est effectivement favorable, son excédent repose sur le fait que le sénateur cesse son activité – pas toujours volontairement ! – à l’âge moyen de 70 ans, bien au-delà de l’âge légal.« 
La retraite à 80 ans, ce serait un peu Longuet, non ?

—————————–

Gérard Longuet est né le 24 février 1946 à Neuilly-sur-Seine  (wikipédia / extraits)
En 1964, il prend part, en compagnie d’Alain Madelin, à la création du mouvement Occident, groupuscule d’extrême droite souvent impliqué dans des affrontements violents contre l’extrême gauche.
sans-titreEn 1967, soupçonné en sa qualité de dirigeant du mouvement d’extrême droite Occident d’avoir été un des instigateurs d’une expédition violente contre des étudiants d’extrême gauche à l’université de Rouen (l’un de ces derniers étant laissé dans le coma après l’attaque), Gérard Longuet est inculpé et condamné le 12 juillet 1967 à 1 000 francs d’amende pour complicité de « violence et voies de fait avec armes et préméditation», en même temps que douze autres militants d’extrême droite, dont Alain Madelin, Alain Robert et Patrick Devedjian.
Il est amnistié en juin 1968. Après la dissolution, par le Conseil des ministres, d’Occident en octobre 1968, il rejoint le Groupe union défense (GUD), groupuscule d’extrême droite mené par Alain Robert, dont il écrit la charte, puis Ordre nouveau, destiné à rassembler les nationalistes.
Il fera partie en 1971 avec Claude Goasguen de la direction de ce mouvement[4], dissous par décret du Conseil des ministres le 28 juin 1973 — en même temps que la Ligue communiste d’Alain Krivine et d’Henri Weber — pour « atteinte à la sûreté de l’État ».
Il entre à l’École nationale d’administration (ENA) en 1971 et en sort en 1973 (promotion François Rabelais). Entre temps, en 1972, il rédige le premier programme économique du Front national, créé la même année.
Inquiété pour le financement du Parti républicain et la construction de sa villa, il doit démissionner du gouvernement Édouard Balladur en octobre 1994, et entame un retrait médiatique tout en restant à la tête de la région Lorraine. Il est mis en examen en 1995 dans l’enquête sur le financement occulte du Parti républicain. Il bénéficie d’un non-lieu le 8 mars 2010, en partie grâce à la loi d’amnistie de 1990 sur les financements politiques.
Renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « recel d’abus de crédit » dans une affaire concernant la construction de sa villa de Saint-Tropez (Var), il est relaxé en première instance, puis par la cour d’appel de Paris, en novembre 1998. Mis en garde à vue en mai 2001 pour recel de corruption dans l’affaire des marchés publics d’Île-de-France, il est également relaxé, en octobre 2005.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article, publié dans Politique, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.