Nigeria : le sort oublié des disparues de Chibok

Le Monde 17/10/2014
Les atrocités perpétrées par le prétendu « Etat islamique » et l’inquiétante progression du virus Ebola en Afrique de l’Ouest avaient (presque) fait oublier un autre drame.
A la mi-avril, 276 jeunes filles étaient enlevées dans l’enceinte de leur lycée de Chibok (nord-est du Nigeria) par le groupe islamiste Boko Haram, soulevant une vague d’indignation au niveau mondial.
Six mois plus tard, Abuja a vaincu Ebola, mais pas l’hydre extrémiste qui continue de prospérer tragiquement sur le terreau des clivages ethniques, politiques et religieux.

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La colère et la tristesse, si elles ont déserté la scène internationale, enserrent toujours le cœur des familles, seules face à leur désarroi, souligne Al-Jazira. Les 219 lycéennes encore captives, et que le chef de Boko Haram, Aboubakar Shekau, promettait en mai de vendre « comme des esclaves » ou de « marier de force », retrouveront-elles bientôt la liberté ?
Rien n’est moins sûr, tant le chef de l’Etat nigérian, Goodluck Jonathan, a multiplié jusqu’ici les promesses creuses, sans doute davantage préoccupé par sa réélection en 2015, note la BBC.La présidence a même reconnu qu’elle ne disposait pas d’informations détaillées sur la mission de sauvetage des adolescentes (Nigerian Tribune).
Dans les Etats septentrionaux du pays, pendant ce temps, les écoles et le personnel enseignant servent toujours de cibles privilégiées aux sicaires islamistes, observe la Deutsche Welle.
Malgré l’apathie et les intimidations, les militants de la campagne virale « #BringBackOurGirls » (« ramenez-nous nos filles »), lancée sur Twitter, continuent de lutter pied à pied pour faire entendre leur voix et maintenir la pression sur le gouvernement central, indique le Guardian. Avec raison, estime le politicien et essayiste nigérian Femi Fani-Kayode dans une tribune au Daily Post Nigeria, qui conclut : « Nous leur devons bien ça. Après tout, ce sont nos enfants. »

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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