UMP – Malgré bien des réserves, Henri Guaino s’apprête à reprendre du service auprès de l’ancien président

LE MONDE | 26.10.2014

La plume d’Henri Guaino appelée au secours de Sarkozy

Plus d’un mois après le retour de Nicolas Sarkozy, son ancien conseiller à l’Elysée, Henri Guaino, se montre toujours aussi sceptique quant au choix de l’ancien chef de l’Etat de repasser par la case UMP afin d’en faire un tremplin pour 2017. « Il est très difficile pour un ancien président de la République d’être candidat à la tête d’un parti tout en gardant une stature présidentielle », affirme-t-il au Monde.

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L’ancienne plume de M. Sarkozy juge que ce dernier a commis « une grosse erreur », prenant le risque d’écorner son image. Pour Guaino le gaulliste, « revenir par l’UMP enferme Nicolas Sarkozy dans un camp et l’éloigne de l’esprit de l’élection présidentielle sous la Ve République, qui est avant tout la rencontre entre un homme et un peuple ».
Derrière ces critiques s’exprime une certaine rancœur. Le député des Yvelines n’a pas apprécié de n’avoir pas été écouté sur la stratégie à suivre pour organiser le retour de l’ancien président. Surtout, il ne digère pas de ne plus avoir autant d’influence qu’avant sur Nicolas Sarkozy. Depuis la chute de Patrick Buisson, consécutive au scandale des enregistrements en mars, le conseiller qui a le plus l’oreille de l’ancien chef de l’Etat est désormais Pierre Giacometti, politologue expert en sondages.
Même s’il n’a jamais rompu avec l’ex-chef de l’Etat, avec qui il entretient des contacts réguliers, M. Guaino, lui, est moins en cour. Il n’a pas été au cœur du dispositif pendant les semaines qui ont précédé l’annonce du retour, le 19 septembre. Dur à encaisser pour celui qui avait une place à part auprès de Nicolas Sarkozy, pour celui qui, de 2007 à 2012, était son « conseiller spécial », occupant le bureau jouxtant celui du président – le plus convoité de l’Elysée.
De fait, Henri Guaino boude. Il ne veut pas être associé aux options prises par l’équipe qui entoure aujourd’hui Nicolas Sarkozy. « Je ne partage pas la responsabilité de cette campagne car je ne la cautionne pas », insiste-t-il, en regrettant une forme d’improvisation. Pour autant, le disciple de Philippe Séguin assure qu’il soutient M. Sarkozy. « J’espère qu’il réussira », dit-il de manière laconique. Sinon, ce serait « une catastrophe pour l’opposition », dramatise-t-il, en dénigrant la candidature d’Alain Juppé, qui serait, selon lui, « la pire des hypothèses ».
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crayon humourMalgré toutes ses réserves, M. Guaino s’apprête à reprendre du service auprès de l’ancien président. Il a accepté de l’aider à préparer ses prochains discours. Il pourrait contribuer à préparer le texte du meeting de Marseille le 28 octobre et il est d’ores et déjà mobilisé sur le discours que prononcera M. Sarkozy à Paris, le 7 novembre.
Comment expliquer ce retour en grâce ? Le déclic a eu lieu il y a près de deux semaines. Après son retour en demi-teinte, l’ancien chef de l’Etat a sollicité son ancienne plume pour améliorer le contenu de ses interventions. « Nicolas a proposé à Guaino de revenir l’aider. C’est une manière de lui montrer qu’il peut être utile. On a besoin de tout le monde », explique un proche de l’ex-président. Depuis son retour, M. Sarkozy écrit lui-même ses discours, avec l’aide de ses conseillers. Mais il n’a plus de plume attitrée. « Il a décidé de rappeler Guaino car il a senti que ses discours manquaient de souffle. Or, c’est justement ce que Guaino sait faire. Il avait su créer de la magie en 2007 », souligne un membre de la garde rapprochée de M. Sarkozy.
ahenri-guaiunomoins-L-PdWfEBS’il est prêt à collaborer de nouveau avec l’ancien chef de l’Etat, l’ex-conseiller reste sur ses gardes : « Je peux aider de manière ponctuelle mais je garde ma liberté. Je refuse d’écrire des choses avec lesquelles je suis en désaccord. Je ne suis pas un écrivain public. » Dans son esprit, M. Guaino va simplement « rendre service ». Contrairement à l’entourage de l’ancien chef de l’Etat, il n’est pas convaincu que ce dernier ait toutes les chances de reconquérir l’Elysée : « Trois ans, c’est long… Il faudrait être fou pour exclure l’échec de quiconque à la présidentielle. » On a connu soutien plus enthousiaste
Alexandre Lemarié Journaliste en charge du suivi de l’UMP
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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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