Allemagne : l’offensive linguistique de la CSU

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Depuis des décennies, l’Union chrétienne-sociale (CSU), qui dirige la Bavière, cultive son idiosyncrasie, au risque de déplaire. Le « parti frère » de la CDU (Union chrétienne-démocrate) – qui doit reconduire Angela Merkel à sa tête ce mardi – vient d’en apporter une nouvelle preuve.
La formation conservatrice, dont le congrès se tiendra les 12 et 13 décembre à Nuremberg, a présenté une résolution sur l’intégration indiquant que « qui veut durablement vivre ici doit s’engager à parler allemand dans l’espace public et en famille ».
Sur la scène politique, comme sur les réseaux sociaux, ce texte a suscité critiques et quolibets, rapporte Die Zeit.
Le président du groupe social-démocrate (SPD) au Parlement, Thomas Oppermann, s’est ainsi élevé contre la mise en place d’une « police de la langue » (Die Welt). Quant à la secrétaire générale du parti, Yasmin Fahimi, citée par la Süddeutsche Zeitung, elle a fustigé la CSU, tombée en « Absurdistan ».
La presse n’est guère plus amène, qui voit dans ce projet paternaliste une initiative dangereuse et difficilement applicable. Anna Reimann, du Spiegel, affirme que « dicter aux gens comment ils doivent parler chez eux est à peu près aussi délirant que de leur imposer de ne plus boire de bière le soir ». D’autant, ajoute Deniz Yücel, de la TAZ, que l’Allemagne a changé et que l’idée d’une société d’immigration est aujourd’hui largement acceptée.
Même la FAZ, de sensibilité conservatrice, prend ses distances. Abonnée à la polémique, la CSU, elle, n’a cure des diatribes de ses contempteurs. En janvier, déjà, elle avait lancé le slogan « Celui qui triche dégage ». Une attaque contre les migrants désargentés d’Europe de l’Est qui profiteraient honteusement du système.
Pourquoi cette nouvelle « provocation » ? Pour Stern, cela participe d’une stratégie : couper l’herbe sous le pied du parti eurosceptique Alternative pour l’Allemagne (AFD), qui chasse sur ses terres.
Le Monde 09/12/2014

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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