Séjour hôtels / Modèle économique sévèrement menacé – Ainsi va l’Internet : tsunami numérique

Le mur du clic
La mésaventure que sont en train de vivre en ce moment quelques milliers d’hôteliers de par le monde devrait avoir au moins un mérite : convaincre les derniers sceptiques que nous sommes entrés dans une période de fortes turbulences et que le tsunami numérique qui en est la cause ne s’arrêtera pas, comme le fameux nuage de Tchernobyl, aux frontières de la dématérialisation.
Tapez hôtels Paris ou hôtels Barcelone sur un moteur de recherche et, invariablement, les mêmes noms apparaîtront : Booking.com et Hotel.com. | solarhotel.fr

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Si un disque musical est désormais bien facile à transformer en message électronique copié et reproduit à l’infini, ce sera plus difficile avec une nuit d’hôtel. Pas facile de numériser le moelleux d’un matelas et la saveur d’un cocktail au bar du lobby.
Et, pourtant, la profession du voyage, et particulièrement du séjour, est en émoi et son modèle économique sévèrement menacé. Pourquoi ? Parce que la moitié des hôtels aux Etats-Unis et bientôt en Europe se réservent désormais en ligne. Et pas n’importe où..
Tapez hôtels Paris ou hôtels Barcelone sur un moteur de recherche et, invariablement, les mêmes noms apparaîtront : Booking.com et Hotel.com. Et si vous préférez suivre les conseils de Google ou de TripAdvisor, qui affichent des avis de clients, vous tomberez invariablement pour réserver sur les mêmes Booking et consorts. En moins de dix ans, Booking et Expedia, la maison mère d’Hotel.com, ont construit un joli mur bien solide sur Internet, le mur du clic.
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D’hôtelier à sous-traitant
Au départ, ils ont accueilli avec bienveillance ces plates-formes de réservation qui leur promettaient de remplir leurs chambres. Ce qu’ils ont fait au-delà de toute espérance. Le seul problème, c’est que, au fur et à mesure qu’ils prenaient en charge les réservations, ils augmentaient leurs tarifs. Jusqu’à transformer les hôteliers en sous-traitants, fournisseurs de la prestation qu’ils vendaient.
Ainsi va l’Internet. Par l’effet de réseau, il favorise les concentrations. Et le consommateur les plébiscite, car, avec Booking, il dispose d’un choix immense de plus de 500 000 hôtels dans le monde. Ce qui renforce encore la puissance de ces plates-formes.
Cette force et leur position entre le consommateur et le fournisseur de services est la clé de la rupture que va provoquer Internet partout. Même dans ce qu’il y a de plus physique ou de plus intellectuel. On l’a vu dans les taxis, on va le voir dans le train, dans les banques par le paiement, dans les assurances, et même dans l’immobilier, la santé ou l’éducation.
Seule différence avec les monopoles du siècle dernier, ils sont beaucoup plus instables et leur durée de vie est limitée par la poussée continue de l’innovation. Bienvenue dans le darwinisme 2.0.
© Le Monde LE MONDE ECONOMIE | 08.12.2014 Extraits| Par Philippe Escande

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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