Changement à la Présidence : Du nouveau dans la garde rapprochée de François Hollande

 Remanié en profondeur au printemps, l’entourage de François Hollande à l’Elysée connaît de nouveaux changements à mi-mandat, avec les départs annoncés vendredi de deux piliers de la présidence, la directrice de cabinet, Sylvie Hubac, et le « Monsieur Europe », Philippe Léglise-Costa.

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 François Hollande  avec les membres de son cabinet dont Sylvie Hubac (g) dans un TGV le 12 mars 2013 afp.com – Philippe Wojazer
Sylvie Hubac, qui quittera ses fonctions « à la fin de cette année », selon l’Elysée, est une amie de 30 ans du président. Issue tout comme lui de la promotion Voltaire de l’Ena (1980), pépinière de collaborateurs du président, elle dirigeait son cabinet depuis la première heure. « Sylvie Hubac et le président étaient convenus depuis mai 2012 qu’elle quitterait l’Elysée à mi-mandat », confie un proche du chef de l’Etat qui précise qu’elle rejoindra son corps d’origine, le Conseil d’Etat.
A son actif, la « rationalisation de l’organisation » de la présidence dont les dépenses ont nettement reculé ces dernières années, un progrès salué par le député PS René Dosière, pourfendeur du gaspillage des deniers publics, mais aussi par la cour des comptes.
Mais Sylvie Hubac aura imprimé aussi sa marque au cycle de commémorations des deux guerres mondiales cette année ainsi qu’à la réforme territoriale ou à la réforme pénale.
Un préfet, Thierry Lataste, 60 ans, l’âge du président, lui succèdera à compter du 5 janvier. Normalien et énarque (mais pas « Voltairien »), ce grand commis de l’Etat a été directeur de cabinet de Manuel Valls puis de Bernard Cazeneuve au ministère de l’Intérieur, une fonction qu’il occupait depuis deux ans jour pour jour avant sa nomination vendredi à l’Elysée. Thierry Lataste a effectué une longue carrière dans la « préfectorale » jusqu’à devenir en juillet 2012 l’éphémère préfet de la région Languedoc-Roussillon.
– Mouvement au pôle diplomatique –
Mais il est surtout connu pour être l’un des principaux artisans des accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998) qui avaient ramené la paix civile en Nouvelle-Calédonie, où il a exercé les fonctions de Haut-commissaire de la République pendant trois ans, de juillet 2009 à juillet 2012.
A ses côtés, Constance Rivière, maître des requêtes au Conseil d’Etat et désormais ex-conseillère du président de la République en charge des institutions, de la simplification, de la société et des libertés publiques, est nommée directrice adjointe du cabinet, une promotion donc. Enarque, naturellement, jeune trentenaire et toujours souriante, elle a grandi dans le sillage de Pierre Moscovici, assurant la coordination de la galaxie d’experts qui gravitait autour du candidat Hollande dans le maelström de la campagne présidentielle.
atv5hollande changd05c3576e5f1fa8ff7cbf802970f38b35aa30b48Mais l’autre grand mouvement du jour, avec celui de Sylvie Hubac, est le départ de Philippe Léglise-Costa du cabinet de M. Hollande. Membre du pôle diplomatique de l’Elysée, il est aussi secrétaire général des Affaires européennes, fonctions sur lesquelles il entend désormais se concentrer.
Selon l’Elysée, le chef de l’Etat lui a demandé de « conduire une réorganisation du suivi des affaires européennes » et « dans ce contexte, M. Léglise-Costa a souhaité être déchargé de ses fonctions au cabinet ».
« L’idée est de renforcer le secrétariat général et de concentrer les moyens pour plus de rapidité et d’efficacité opérationnel », décrypte un proche du chef de l’Etat. Philippe Léglise-Costa, brillant « techno », sera ainsi la cheville ouvrière du volet français du plan Juncker adoubé jeudi par les Vingt-Huit et qui prévoit 315 milliards d’investissements en Europe sur trois ans.
Il ne sera toutefois pas remplacé, le pôle européen de la « cellule diplomatique » continuant de fonctionner avec d’autres collaborateurs, tels Cyril Piquemal ou Sophie Martin-Lang, sous la houlette du conseiller diplomatique du président, Jacques Audibert. Depuis le printemps, c’est en fait toute la garde rapprochée du chef de l’Etat ou presque qui a été renouvelée.
A commencer par Jean-Pierre Jouyet qui a remplacé Pierre-René Lemas comme secrétaire général de l’Elysée, autrement dit numéro 1 de l’équipe présidentielle, et Boris Vallaud (époux de la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem) qui a succédé à Nicolas Revel comme secrétaire général adjoint tandis que d’autres changements intervenaient au sein des cellules économique et diplomatique et de la communication.
 TV5MONDE PARIS (AFP) – 19.12.2014 – Par Hervé ASQUIN ©  AFP

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