Mobilisation du 11 janvier à Paris : la photo que les internautes aimeraient voir dans les livres d’histoire

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Au lendemain de la mobilisation du 11 janvier en hommage aux victimes des attentats, une photo de la marche républicaine a largement circulé sur Twitter, Facebook ainsi que Reddit.
#nation #JeSuisCharlie pic.twitter.com/9bJnhW9KBn — Martin Argyroglo (@argyroglo) January 12, 2015
L’image, postée au départ par son auteur, a été réalisée par Martin Argyroglo, un photographe indépendant membre de l’agence Divergence Images. Elle a été partagée sur Twitter plus de 5000 fois lundi. Le cliché a été qualifié de « plus belle photo de la manifestation », d’instantané « historique » mais aussi largement comparé au tableau d’Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple. De nombreux internautes l’imaginaient volontiers dans un livre d’histoire pour illustrer le rassemblement du 11 janvier. Pour l’instant, elle a été choisie par L’Obs pour faire sa couverture dans son édition du 14 janvier.
« UN ROMANTISME RÉVOLUTIONNAIRE DANS CETTE IMAGE »
Le photographe parisien, né en 1983, est spécialisé dans la photographie d’architecture, comme il le précise sur son site.
« Je m’étais éloigné du cortège, et j’ai rejoint la place de la Nation vers 20 heures, à la fin du défilé », raconte le photographe. « L’instant était moins dramatique que ne l’avait été le reste de la journée. » La foule, plus joyeuse, s’était alors rassemblée autour de la statue. « Il y avait peu de lumière. Ma chance, ça a été le fumigène qui a illuminé la scène. »
Un instant fugace également repéré par un photographe de l’AFP, pris à quelques mètres de là, mais aussi par le photojournaliste Corentin Fohlen, lui aussi membre de l’agence Divergence.
#JeSuisCharlie #MarcheRépublicaine Place de la Nation, ce soir à Paris #AFP http://t.co/wVdkpLp8s9
— Agence France-Presse (@afpfr)

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Cette photographie, comme celle publiée par l’agence Reuters dimanche en fin d’après-midi, reprend la plupart des symboles marquants des manifestations de soutien à Charlie Hebdo. On retrouve la référence à la République, symbolisée par la statue de Jules Dalou qui se trouve au centre de la place de la Nation, le crayon, le drapeau tricolore ou les slogans (dont celui, en haut à gauche du cliché, de « l’homme à la pancarte » sur lequel nous publié une vidéo en 2013).
Voir la vidéo : L’homme à la pancarte, icône des manifestations
Las dos versiones: Delacroix/ @argyroglo pic.twitter.com/vXpSzMgeHK — Alejo Schapire (@aschapire) January 12, 2015
Ce n’est que de retour chez lui que le photographe découvre véritablement le cliché. « Il y a une sorte de romantisme révolutionnaire dans cette image ; les gens évoquent La Liberté guidant le peuple, mais aussi Le Radeau de la méduse, de Géricault. C’est ambigu », analyse Martin Argyroglo. Il le poste alors sur son blog et sur Facebook. Devant le succès que rencontre l’image, partagée plus de 10 000 fois via sa page personnelle, il la publie ensuite sur Twitter.
« Cela me touche de voir autant de gens s’approprier cette image, reconnaît-il. Sans doute parce qu’elle symbolise un désir de se réunir. »
La composition de l’image, quant à elle, fait naturellement penser aux grandes icônes représentant des mouvements populaires, des célèbres tableaux romantiques du XIXe siècle, comme l’ont signalé les internautes, jusqu’aux images plus récentes des révolutions arabes de 2011, en passant par le cliché symbole d’une étudiante dans le Quartier Latin, en mai 1968, publiée par Paris Match. La ressemblance devient même frappante lorsqu’on la compare avec le cliché réalisé place de la Nation par le photojournaliste Guillaume Herbaut en 2002, entre les deux tours de l’élection présidentielle, et republié sur le blog du chercheur André Gunthert. Seule différence : la personne incarnant Marianne est, cette fois-ci, un homme…
C’est donc elle, la nouvelle #Marianne, symbole de la #MarcheRepublicaine. http://t.co/0iqWDveOuD— Emilie Tran Nguyen (@EmiliETN)
 Le Monde.fr | 13.01.2015  | Par Pauline Croquet et Gabriel Coutagne Journalistes au Monde

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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