Plan Ecophyto : les abeilles sont mortes de rire !

Le Canard Enchaîné du 04/02/15 –
On allait voir ce qu’on allait voir ! En 2008, le Grenelle cher à Sarkozy se donne pour objectif de réduire de moitié, en dix ans, l’usage des pesticides dans les champs – il faut dire que la France est alors championne du monde en la matière. Résultat : entre 2009 et 2013, les agriculteurs en ont balancé 10% de plus !
Mais, aujourd’hui, on va voir ce qu’on va voir ! puisque l’objectif 2018 est désormais hors de portée – on ne peut pas faire en trois ans ce qui n’a pas été fait en sept ans -, le ministre Stéphane Le Foll, annonce un grand plan ambitieux : se donner jusqu’à 2025 pour atteindre la fameuse diminution de moitié. Et gare : ce n’est pas une reculade ! ce n’est pas un renoncement ! C’est juste, note le ministre que le Grnelle s’était « fixé un objectif trop ambitieux sans se donner les moyens de changer de modèle de production« . Or, Le Foll va le changer, le modèle de production.
abeilles-vs-lobbyOui, du moins essayer de tenter de la modifier un chouïa… Un dispositif expérimental de « certificats d’économie de produits phytosanitaires » va en effet être mis en place, qui permettra peut-être d’inciter les distributeurs de pesticides à baisser les doses… Et, pour que les nocifs des pesticides, les néonicotinoïdes, accusés d’être responsables de l’hécatombe des abeilles, ne fassent plus de dégâts, Le Foll ne décrète pas leur interdiction, comme le réclament bêtement les apiculteurs, car il a trouvé une parade miraculeuse : « reporter leur utilisation le soir, quand les abeilles ne butinent plus ! » (« Libération », 30/01)  . Dire que personne n’y avait pensé…
Le plan Ecophyto est donc bien parti. Rendez-vous en 2025 pour la poilade !pesticides
Lire aussi : Le plan anti-pesticides du ministre de l’agriculture déclenche la colère de l’écologiste Noël Mamère : « le gouvernement ne fait rien pour lutter contre l’agriculture intensive ! »  (« France-Info » /31/01/2015)

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article, publié dans Agroalimentaire, Ecologie, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.