A l’état-major du FN, ça conteste : cinquante nuances de vert-de-gris

Le Canard Enchaîné du 11/02/2015 – Anne-Sophie Mercier
sans-titreLe « premier parti de France » a beau, selon sa présidente, connaître « une formidable dynamique« , il est confronté à de sérieux problèmes d’organisation, sans parler de sa ligne politique. L’organigramme du parti devait être rendu public à la suite du congrès de Lyon, en novembre dernier. Deux mois plus tard, toujours rien ! Pour une raison bien simple : Marine Le Pen a le plus grand mal à trancher entre ses lieutenants, Nicolas Bay et Steeve Briois.
Le premier et désormais secrétaire général, mais le second, devenu vice-président, et qui lui a laissé sa place à contrecœur, veut garder la haute main sur la formation des cadres, que vise aussi Louis Aliot… Les mêmes se battent aussi pour le contrôle de la commission d’investiture du parti, chacun souhaitant y avancer ses pions… Nicolay Bay et Florian Philippot s’étripent – discrètement- pour le contrôle de la communication du parti, Philippot ayant nullement l’intention d’en laisser échapper une miette. Résultat : les permanents du FN ne savent pas, pour la plupart, à quel dirigeant se vouer. Ambiance…
Ligne brisée
De « petits » conflits de personnes qui cachent, comme souvent, de vrais soucis de ligne politique. Officiellement, le FN n’a aucun lien avec le Bloc identitaire*. L’ennui l’ennui c’est que quatre cadres passés par la branche locale des identitaires ont été investis à Nice pour les départementales. Quatre titulaires sur dix-huit, soit près du quart… Rusés, les quatre infiltrés ont pris leur carte du FN, du Rassemblement bleu Marine ou du Siel, un microparti satellite, avec la complicité de la vice-présidente du FN, Marie-Christine Arnautu, de Nicolas Bay et, bien sûr, de Jean-Marie Le Pen.
Quand il l’a appris, Philippot est entré dans une colère noire.  Pas question de stopper l’entreprise de dédiabolisation : le Bloc, no parasan ! C’est déjà Philippot qui avait empêché l’adhésion en 2013, de Philippe Vardon, ancien porte-parole des Jeunesse identitaires. Si les quatre de Nice sont investis, ce sera la porte ouverte à l’arrivée du Bloc un peu partout. 
L’affaire est sacrément compliquée, et sera réglée très vite au bureau exécutif du FN, la plus haute instance du parti. Embarrassée, la présidente va devoir, une nouvelle fois, arbitrer entre le « Front du Sud » incarné par son paternel, sa nièce Marion-Maréchal Le Pen, son secrétaire général, Nicolas Bay, tandis que son bras droit, Florian Philippot, n’a qu’un rêve : l’alliance de tous les souverainistes.  Quel cirque ! On se croirait à l’UMP…

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* Le Bloc identitaire, un lobby au Front national
Des groupes de pression extérieurs au parti d’extrême droite tentent d’influencer la ligne politique. Le plus actif en ce moment est le Bloc identitaire (BI). Ce groupuscule radical veut se rapprocher depuis longtemps du FN. Mais la résistance de certains dirigeants – entre autres Jean-Marie Le Pen, Louis Aliot ou Marie-Christine Arnautu – avait jusqu’à lors empêché toute arrivée officielle de cadres identitaires. Mais les identitaires n’ont pas voulu en rester là.

A propos werdna01

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