Turquie – Violences contre les femmes : la révolte

Dans un même élan, elles ont brisé le mur de la peur.

Après le meurtre sauvage, la semaine dernière, d’Özgecan Aslan, une étudiante en psychologie de vingt ans violée, brûlée puis jetée dans le lit d’une rivière de la province de Mersin (sud), plus question de s’enfermer dans le mutisme.

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Portée disparue le 11 février, la jeune Turque Özgecan Aslan a été retrouvée morte deux jours plus tard dans une rivière de sa ville natale de Tarsus (sud). Selon le récit de la presse locale, la jeune femme a été violée puis tuée à coups de barre de fer par le chauffeur du minibus qui la ramenait de l’université à son domicile. AFP PHOTO/ADEM ALTAN
Ces derniers jours, de nombreuses femmes ont exprimé leur colère sur Twitter, n’hésitant pas à partager, sous le hashtag #sendeanlat (« #toi aussi raconte »), leurs propres expériences du harcèlement, rapportent The Guardian et Al-Jazira.
Cette « révolte sociale », comme la décrit Today’s Zaman, n’est pas seulement liée au meurtre d’une jeune femme qui nourrissait de hautes ambitions, mais aussi et surtout à un « ordre public déformé », où les femmes sont tenues de se plier aux règles d’un patriarcat solidement ancré dans les mœurs.
En dix ans, le nombre d’homicides perpétrés contre les femmes a triplé . De la justice à la classe politique, « tout le monde est coupable », déplore Ayse Arman, chroniqueuse à Hürriyet.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a beau affirmer ex cathedra que ces violences représentent une « plaie ouverte dans [la] société », cela n’efface pas son piètre bilan en matière de respect des droits des femmes, note Lydia Smith. De fait, le même soutenait il y a peu à la tribune qu’il était « impossible de mettre les hommes et les femmes sur un pied d’égalité car cela [allait] à l’encontre de la nature », rappelle la BBC.
Que faire pour éviter d’autres drames ? Pour le journaliste Semih Idiz, il est vain de lancer des appels au rétablissement de la peine de mort (abolie en 2004) – solution d’ailleurs rejetée par le père d’Özgecan Aslan. Mieux vaut, selon lui, prendre des mesures efficaces, applicables dans les foyers et les lieux de travail. Nul doute,  que la pression sur les autorités va s’accentuer à l’approche du scrutin législatif du 7 juin.

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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