Rugby et Dopage : Une nouvelle bombe prête à exploser

Rugbyrama – 24/02/2015 –

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En plein Tournoi des 6 nations, l’image du rugby risque d’en prendre un coup. Un sale coup même. Un livre, intitulé « Rugby à charges, l’enquête choc« , dont le thème central n’est autre que le dopage, va sortir le 5 mars prochain. Son auteur ? Pierre Ballester. Un journaliste dont le cheval de bataille n’est autre que le dopage dans le sport et qui a notamment révélé l’affaire sur le cycliste Lance Armstrong avec « L.A Confidentiel« . L’Express a mis en avant ce mardi plusieurs extraits de cet ouvrage et certains sont pour le moins accablants. Voilà une nouvelle qui ne va pas redorer le blason du rugby hexagonal, chahuté après les propos de l’ancien pilier international Laurent Bénézech il y a presque deux ans.
Des dizaines de témoins, dont des médecins spécialisés, ont été sollicités afin non pas d’enterrer le rugby mais plutôt de le sortir de l’ornière. Plusieurs interrogations sont soulevées au sujet de la musculature suspecte des joueurs (comme évoqué par Laurent Bénézech), des ordonnances mensongères, l’essor grandissant des compléments alimentaires, des produits interdits difficilement détectables et des chocs de plus en plus violents. Si les joueurs sont ciblés, les instances dirigeantes en prennent pour leur grade, certaines ayant même caché plusieurs faits notables. Reste à voir quelle sera la portée de la déflagration de cette bombe…
Pierre Ballester interviewé par Céline Baÿt-Darcourt à France Info : Ces pratiques ont commencé dès 1960, de façon anecdotique au début. Il y a eu ensuite, et depuis une vingtaine d’années, une accélération au moment où le rugby est passé au professionnalisme. Et puis, l’arrivée des Sud-africains avec leurs boîtes à pharmacie. La moitié de l’équipe qui a gagné la coupe du monde en 95 est aujourd’hui, soit décédée, soit atteinte de maladies dégénératives.
En France il y a eu 3 cas officiellement détectés en dix, ce qui montre le fiasco de la lutte anti-dopage. Il y a très très peu de contrôles et le joueur de rugby professionnel est pris entre le marteau et l’enclume, comme d’ailleurs le médecin du club.On a beaucoup de témoignages de médecins qui sont exaspérés et démunis. Il y a des témoignages de médecins qui en viennent aux mains avec le staff et les entraîneurs pour empêcher qu’un joueur vienne sur le terrain, ou pour faire sortir quelqu’un.
Lex chocs ne sont plus seulement des impacts mais des collisions proches des pathologies des accidentés de la route. C’est une escalade sans fin et qui va arrêter le massacre ? Je rappelle seulement un chiffre : un quart des effectifs professionnels sont à l’infirmerie chaque Week-end !

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Sortie prévue le 05/03/2015Prix d’origine :  19,00 €
Extraits du livre : Jacques Mobet (ancien médecin d’Agen (1960-1975) et du XV de France pendant vingt ans)
« Les amphétamines ont toujours existé dans le rugby et ailleurs. Dans les années 1970, des équipes entières en prenaient, d’autres non. Je me souviens d’un match de championnat, entre Fleurance et Marmande je crois, au cours duquel l’arbitre a pris peur ! Les joueurs avaient tous la bave aux lèvres, ils se mettaient des marrons même entre équipiers ! Il a dû arrêter le match« .
« Dans les années 80, il n’y avait toujours pas d’AUT* et les médecins de club envoyaient à la fédération leurs ordonnances motivées. C’est moi qui gérais ce dossier et, là, je peux vous dire que c’était du grand n’importe quoi ! Pour un oui, pour un non, les médecins des clubs professionnels prescrivaient des injections de « corticos » en veux-tu, en voilà ! C’était affolant ! Je me souviens particulièrement de deux d’entre eux, toujours en activité et qui déconnaient vraiment« .
« On a tous su pour Pieter de Villiers » (contrôlé positif à la cocaïne et à l’ecstasy en 2002), comme on a tous su pour Brive ou d’autres. Et nous savons aujourd’hui que la musculation associée à l’alimentation protéinée ne suffit pas à expliquer ces prises de masse actuelles. Tout comme on sait aussi que certaines pratiques, certains protocoles sont réalisés pendant l’intersaison, quand les contrôles sont inexistants, sauf pour les joueurs surveillés, du moins.
* Une AUT est un document qui confère à un Joueur l’autorisation d’utiliser une substance interdite ou une méthode interdite pour traiter une pathologie avérée …

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