Bracieux (Loir-&-Cher) « Entreprise du patrimoine vivant » : Le fil du Ver à soie plus fort que l’incendie

 La Nouvelle République 27/02/2015
L’entreprise de Bracieux frappée par un sinistre poursuit son activité. Elle recherche un local provisoire en attendant de reconstruire son atelier.
Un coup dur, mais pas un coup fatal : Nathalie Boucher, cogérante avec son frère Marc de la société « Au Ver à soie » résume en une formule leur état d’esprit au lendemain du sinistre qui a détruit l’atelier de Bracieux. « La maison a traversé trois guerres et essuyé les bombardements de 1944. Ce n’est pas un incendie qui va nous mettre à terre ! »

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Le déblaiement des décombres et la démolition du bâtiment sinistré seront le préalable à la reconstruction d’un atelier sur le même site. – dr
La détermination des dirigeants les a conduits à tout mettre en œuvre pour ne pas interrompre l’activité. Un peu de stock était disponible au siège social de Paris. Pour le façonnage, des entreprises sous-traitantes ont été sollicitées. Les fournisseurs et les clients fidèles ont fait preuve de compréhension. Les trois salariés de Bracieux ont mis la main à la pâte pour commencer le déblaiement des décombres. « C’est un moment difficile. Mais nous sommes les derniers en France à faire ce métier. Nous ne pouvons pas nous arrêter. »
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La communauté de communes du Grand Chambord, voisine de l’entreprise, a reçu Nathalie et Marc Boucher afin de rechercher avec eux une solution provisoire. Plusieurs locaux disponibles ont été identifiés, correspondant aux critères fixés par l’entreprise. L’objectif est d’installer très rapidement de nouvelles machines, déjà en phase de commande. Quelques-unes de celles qui tournaient à Bracieux étaient très anciennes, mais pas irremplaçables. « Il s’agit de matériels utilisés dans l’industrie textile pour le dévidage, le tressage, le bobinage, la confection d’écheveaux. Notre spécificité ne réside pas tant dans la technologie que dans le matériau proprement dit, destiné à des usages haut de gamme : la haute couture, la tapisserie, la broderie, la bijouterie, voire la pêche ou la chirurgie ! »
A plus long terme, la société projette de reconstruire un atelier neuf sur le même site, où elle était arrivée au tournant des années 2000, à l’initiative de son précédent patron, Jean-Jacques Boucher, décédé en septembre dernier et oncle des actuels dirigeants. Seul le siège social et les services commerciaux ont été maintenus dans les locaux parisiens, mal adaptés à une activité de production.
Un lien fort avec le Pays

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Bénéficiant du label « Entreprise du patrimoine vivant », la société met volontiers en avant son implantation au pays des Châteaux et les liens de sa famille avec Chambord à qui elle a donné deux maires (le père et le grand-père de Jean-Jacques). Ce dernier avait rédigé le catalogue de l’exposition « Fil de soie, chemin de soie » au château et était reconnu comme expert en la matière par l’Unesco.

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Jean-Louis Boissonneau
Loir-et-Cher –                   Bracieux : l’entreprise Au Ver à soie détruite par le feu
20/02/2015
Un incendie s’est déclaré jeudi soir peu avant minuit dans le bâtiment de cette entreprise spécialisée dans la fabrication de fils de soie.

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C’est à la fois une entreprise familiale et un fleuron du patrimoine industriel qui a été la proie d’un violent incendie dans la nuit de jeudi à vendredi. Le bâtiment de la société Au ver à soie implantée dans la zone artisanale des Chênes à Bracieux a été détruit par les flammes.

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Le sinistre a été découvert peu avant minuit par un jeune gendarme adjoint qui rentrait au domicile de ses parents. Apercevant des flammes et de la fumée s’échappant de la toiture, il a aussitôt appelé les pompiers. À l’arrivée du premier fourgon incendie de Bracieux, le bâtiment était déjà embrasé. Il abritait une grande quantité de bobines de fil ainsi que des machines anciennes servant à la fabrication de fils de soie destinés aux grands noms de la haute couture mais aussi des soies naturelles utilisées pour la pêche à la mouche.

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Une vingtaine de pompiers de Bracieux et de Blois-Sud ont lutté contre le brasier sous le commandement du lieutenant Ponin-Sinapayen. Ils ont reçu le renfort logistique des centres de secours de Cour-Cheverny et de Averdon-Marolles-Champigny. Une équipe d’ERDF était également sur les lieux ainsi que les gendarmes de Bracieux venus procéder aux premières constatations.
Les pompiers ont mis en œuvre 3 lances tandis qu’une quatrième a été établie sur la grande échelle déployée au-dessus du bâtiment en flammes. Le feu a été maîtrisé vers 1 h 15 mais il restait encore beaucoup de travail pour refroidir le bâtiment et les machines qui ont souffert de la chaleur intense dégagée par le brasier. On ignore pour l’instant les causes du sinistre. Une chose est sûre : l’atelier était fermé à clé à l’arrivée des pompiers qui ont dû forcer la porte principale pour pénétrer à l’intérieur.

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Les trois salariés de la société Au ver à soie sont au chômage technique. Le coup est dur pour la famille Boucher déjà éprouvée récemment par deux décès dont celui de son ancien directeur Jean-Jacques Boucher survenu en septembre dernier. Créée en 1820 et leader mondial dans ce domaine très spécialisé, la société dont la maison mère est située à Paris avait installé sa production de fil de soie à Bracieux. Le bâtiment de la zone artisanale des Chênes datait de près de 15 ans.
« C’est désolant pour l’entreprise et le patrimoine ancien qu’abritait ce bâtiment » confiait le maire de Bracieux, Francis Guillot, venu sur les lieux du sinistre dès qu’il a été prévenu. Une commande de bobines de fil de soie venait d’être achevée et était destinée à rejoindre un salon qui se tient ce week-end à Saint-Etienne.
Lionel Oger
Loir-et-Cher – Bracieux –
voici la carte d’origine de la Maison, avec ses 1644 couleurs, qui sert toujours de références pour l’édition d’un coloris, toutes les recettes de teinture étant soigneusement conservées depuis la fondation, en 1820.

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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