Pensions de retraites du privé : après le gel du régime général, on bloque maintenant les régimes complémentaires !

Sauvegarde retraites – 21/01/2015 – 
Les affiliés à l’Agirc-Arrco vont devoir faire des sacrifices. Pourtant, ce sont eux qui, depuis 20 ans, ont consenti les plus gros efforts. Il serait temps de changer de cible ! Aujourd’hui, après le gel du régime général, on bloque aussi les régimes complémentaires des pensions de retraites du privé.

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A en croire un rapport de la Cour des comptes sur l’Agirc et l’Arrco ainsi que les projections du COR (Conseil d’Orientation des Retraites) publiées en décembre dernier, les salariés du privé affiliés à ces régimes de retraite complémentaire ont du souci à se faire.
La situation des deux régimes est en effet très critique : les réserves, si difficilement constituées depuis 20 ans, sont quasiment épuisées, et la Cour des comptes comme le COR – établissement administratif placé sous l’autorité du Premier ministre – rappellent qu’il est hors de question de recourir à l’emprunt pour sauver les pensions du privé. Comme si ces deux institutions voulaient préserver le monopole de l’Etat en la matière !…
Selon la Cour des Comptes, il ne sera possible de remédier à cette situation catastrophique qu’en combinant trois mesures drastiques : la hausse du taux de liquidation, la baisse des pensions et le recul de l’âge de départ à la retraite. Ce qu’elle appelle : « des mesures d’urgence à prendre ; des efforts à partager ».
Mais à partager entre qui ?
Depuis le début des réformes, en 1993, les efforts accomplis par les affiliés de l’Agirc et de l’Arrco sont sans commune mesure avec ceux qui ont été exigés des agents publics :
 Hausse des cotisations :
les taux de cotisations ont sensiblement augmenté dans les complémentaires du privé au cours des 20 dernières années, notamment avec la création d’un taux d’appel : + 25 % ! En regard, les cotisations sont complètement fictives dans la fonction publique et ne correspondent qu’à de simples jeux d’écritures.
     . Chute des rendements : 10,3% en 1993 contre 6,56 % actuellement. En clair, 1 € cotisé aujourd’hui rapporte 36 % de moins que voilà 20 ans. 
     . Baisse des taux de remplacement : à salaire égal, un cadre qui percevait à la retraite 64,4 % de son dernier salaire il y a 20 ans, n’en perçoit plus que 52 % aujourd’hui.
     . Réduction des majorations pour enfants : elles sont désormais plafonnées à 83 € par mois alors que, pour les agents publics, elles représentent 10 % du montant de la pension, avec 5 % de plus par enfant à partir du quatrième, sans plafonnement.  
     . Revalorisation des retraites inférieure à celles du public : depuis des années, les pensions servies par les complémentaires Agirc-Arrco sont systématiquement revalorisées en-dessous de celles de la fonction publique. 
Et pourtant l’État, via la Cour des comptes et le COR, conseille aujourd’hui aux gestionnaires des caisses complémentaires du privé d’exiger encore de nouveaux efforts de ceux qui en ont déjà fourni le plus ! Tandis que l’État recourt à l’argent du contribuable ou à l’emprunt (impôts de demain…) pour payer les retraites de ses fonctionnaires, retraites qui ne sont ni cotisées ni provisionnées.
Avant de demander de nouveaux sacrifices aux affiliés de l’Agirc et de l’Arrco, que l’État commence donc par réformer les régimes spéciaux !
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A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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