Du dioxyde de titane dans les bonbons ?

France Info – 18/03/2015/ – Grégoire Lecalot

José Bové appelle au boycott des produits contenant du dioxyde de titane, codé E 171, un produit possiblement cancérigène © Maxppp
Ce mercredi, « jour des enfants », on parle bonbons et chewing-gums. Avec cet appel au boycott lancé par José Bové mardi soir soir sur notre antenne à cause d’un produit au nom peu appétissant : le dioxyde de titane, possiblement cancérigène. José Bové affirme qu’il entre dans la composition de nombreux produits alimentaires. Et c’est vrai.
Vrai
Tous les bonbons n’en contiennent pas. Mais dans le domaine alimentaire, le dioxyde de titane est utilisé dans des bonbons, des chewing-gums, des pâtisseries et aussi dans des produits de santé comme des médicaments et du dentifrice. Il sert de colorant blanc pour améliorer l’aspect du produit. Question de marketing donc importante pour vendre.
Il ne s’inscrit pas sous ce nom là sur les tubes et les paquets. Il faut chercher son code : E 171. Pour les confiseries, il s’agit de nanoparticules, c’est à dire ultra fines. C’est donc un colorant très massivement utilisé : 70% de la production mondiale de pigments nous dit l’Institut national de recherche et de sécurité. Donc de gros intérêts économiques en jeu.
Principe de précaution ?
Le dioxyde de titane a été classé comme possiblement cancérigène pour l’homme en 2006 par le Centre international de recherche sur le cancer. Le centre ne dit donc pas que le produit est dangereux, mais qu’il existe un soupçon et les quelques études réalisées sont insuffisantes pour le lever ou le confirmer. En 2011, une étude franco-suisse conclut que les nanoparticules de dioxyde de titane peuvent être cancérigène mais par inhalation. Les données manquent encore sur les conséquences de l’absorption ce ne sont pas les mêmes organes qui sont touchés.
C’est donc à nouveau la question du principe de précaution qui est posée certains comparent la situation à l’amiante. Aux États-Unis, la maison mère des fameux Donkin Donuts a décidé de se passer de cette substance dans l’enrobage blanc immaculé de ses gâteaux tout ronds.
Sources :
La toxicité des nanoparticules de titane : étude de l’université Paris-VII
Synthèse de l’Institut national de recherche et de sécurité
Site spécialisé sur la présence de nanoparticules dans notre environnement : Veillenanos.fr
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Petit rappel : où l’on voit que rien ne change en Europe dans ce domaine, et que les industriels font la loi en totale impunité.
Le bonbon au titanium (Le Canard Enchaîné N° 4772 du 11 avril 2012)
Voilà une nouvelle qui risque de plomber l’ambiance chez les fabricants de confiseries. Selon les chercheurs de l’Université d’Arizona, dont la trouvaille a été publiée dans la revue de la société américaine de chimie, les enfants qui se goinfrent de bonbons, chewing-gums et autres guimauves ne risquent pas seulement d’avoir les dents gâtées à cause du sucre, ils font aussi le plein de dioxyde de titane, un additif classé « cancérigène possible pour l’homme »

Le TiO2 de son petit nom, est un nano-ingrédient (pour mémoire, un nano, c’est un millionième de millimètre) dont les industriels de l’alimentation raffolent parce qu’il permet par exemple aux bonbons d’être particulièrement chatoyants. Prenez les fameux M&M’s. Une fois que vous avez badigeonné de sucre votre cacahuète grillée, il suffit de l’enrober de dioxyde de titane pour être certain que le colorant va briller de tous ses feux, et ne pas baver.
Des nanoparticules, on nous en met un peu partout : pour épaissir le ketchup, blanchir la sauce vinaigrette, éradiquer le grumeau dans les préparations industrielles pour desserts… Le seul souci, c’est qu’on ignore comment elles se comportent dans notre organisme. Les seules études concernent les ouvriers dont les poumons se font dézinguer par les nanoparticules qu’ils inhalent dans les usines.
Il y a deux ans, l’Anses, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire des Aliments, prévenait : « Il n’est pas possible d’évaluer l’exposition du consommateur ni les risques sanitaires liés à l’ingestion de nanoparticules ». Depuis, un groupe de travail d’une quinzaine d’experts phosphore sur les dangers des nano-ingrédients, avec en tête de gondole le dioxyde de titane. Résultat en février 2013.
De son côté, l’Europe, après un an de négociations à couteaux tirés, vient enfin d’adopter une définition officielle du nano-aliment, laquelle fait la part belle aux industriels. Est considéré comme un « nanomatériau » tout produit dont au moins 50 % des particules sont situées entre 1 et 100 nanomètres, ce qui en exclut une palanquée… Surtout, d’ici à 2013, rien ne les oblige à indiquer sur l’étiquette la présence d’un nano-ingrédient.
Et tant pis si c’était une promesse du Grenelle 2…

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