Santé – Histoire des additifs alimentaires

Notre planète – Dossier mis à jour le 27/03/2015
Il existe des centaines d’additifs. « Malgré leurs caractéristiques modernes, les additifs alimentaires sont employés depuis des siècles. La conservation des aliments a commencé quand l’homme a appris à protéger chaque récolte jusqu’à la récolte suivante et à conserver viande et poisson en les salant ou en les fumant.

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Les Egyptiens ont utilisé des colorants et des arômes pour augmenter l’attrait de certains produits alimentaires et les Romains ont eu recours au salpêtre (ou nitrate de potassium), aux épices et colorants pour la conservation et l’amélioration de l’apparence des aliments.
De tout temps, les cuisiniers ont régulièrement employé la levure en tant qu’agent levant, des épaississants pour les sauces, les sauces au jus et colorants comme la cochenille pour transformer des matières premières de bonne qualité en des produits alimentaires sûrs, sains et agréables à manger. Le but de la cuisine traditionnelle n’est guère différent de celui des aliments préparés ou en conserve d’aujourd’hui. » (Conseil Européen de l’Information sur l’Alimentation – EUFIC).

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Et pourtant, certains additifs alimentaires sont au coeur de polémiques sanitaires…
Additifs alimentaires : définition
Les additifs alimentaires sont des substances qui, ajoutées en petite quantité, permettent notamment :
d’aider à la conservation en empêchant la présence et le développement de microorganismes indésirables (par exemple : moisissures ou bactéries responsables d’intoxications alimentaires) : on les appelle conservateurs
d’éviter ou de réduire les phénomènes d’oxydation qui provoquent entre autre le rancissement (altération des graisses exposées à l’air, à la lumière et à la chaleur) des matières grasses ou le brunissement des fruits et légumes coupés : on les appelle anti-oxygène
d’améliorer la présentation ou la tenue, on les appelle agents de texture (émulsifiants, stabilisants, épaississants, gélifiants)
de rendre aux aliments, de renforcer ou de conférer une coloration : on les appelle colorants
de renforcer leur goût (exausteurs de goût). Les édulcorants apportent ainsi un un goût sucré.
D’après le décret du 18/09/1989, « on entend par additif alimentaire toute substance habituellement non consommée comme aliment en soi et habituellement non utilisée comme ingrédient caractéristique dans l’alimentation, possédant ou non une valeur nutritive, et dont l’adjonction intentionnelle aux denrées alimentaires, dans un but technologique au stade de leur fabrication, transformation, préparation, traitement, conditionnement, transport ou entreposage, a pour effet, ou peut raisonnablement être estimée avoir pour effet, qu’elle devient elle-même ou que ses dérivés deviennent, directement ou indirectement, un composant des denrées alimentaires ».
Réglementation
additifs-alimentaire.jpgsantéAu niveau international
Il existe le Comité Conjoint d’Experts sur les Additifs alimentaires (JECFA, Joint FAO/OMS Expert Commitee on Food Additive) de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
En Europe
Les additifs alimentaires sont autorisés pour ses États membres, ainsi que pour la Norvège et l’Islande.
L’utilisation des additifs est strictement réglementée selon le principe dit « de listes positives ». Autrement dit : ce qui n’est pas expressément autorisé est interdit.
« Pour être autorisé, un additif alimentaire ne doit présenter, au vu des données scientifiques disponibles, aucun risque pour la santé des consommateurs au niveau d’utilisation envisagé. Par ailleurs, l’additif alimentaire doit répondre à un besoin technologique non susceptible d’être satisfait par d’autres moyens », précise l’EUFIC.
Une procédure d’évaluation est établie par le groupe scientifique sur les additifs alimentaires et les sources de nutriments ajoutés aux aliments (ANS). La demande d’autorisation comprend un dossier technique, technologique, toxicologique et analytique.
La directive 89/107/CEE du Conseil prévoit que tous les additifs alimentaires doivent être soumis à une observation permanente et doivent être réévalués chaque fois que nécessaire, à la lumière des changements apportés aux conditions d’emploi et des nouvelles informations scientifiques disponibles.
Les additifs risquant d’être cancérogènes sont évalués par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). Sur les 29 additifs à risque qui ont été évalués et autorisés, aucun n’appartient au groupe 1 (cancérogène pour l’Homme).
En France
Les additifs doivent obligatoirement être mentionnés sur l’étiquette des denrées alimentaires : soit en clair (par exemple : « poudre à lever : bicarbonate de sodium ») ; soit à l’aide d’un code précédé du nom de la catégorie (par exemple : « colorant E 330 »).
C’est la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) qui contrôle la présence des additifs dans les produits alimentaires.
La plupart des additifs ne peuvent être utilisés que dans les quantités limitées dans certaines denrées alimentaires. Si aucune limite quantitative n’est prévue pour l’utilisation d’un additif alimentaire, il doit être utilisé selon la bonne pratique de fabrication, c’est-à-dire seulement autant que nécessaire pour réaliser l’effet technologique désiré. De plus, les additifs alimentaires ne peuvent être autorisés que si
il y a une nécessité technologique de l’utiliser,
ils n’induisent pas le consommateur en erreur,
ils ne présentent aucun risque pour la santé du consommateur
Risques pour la santé
Une étude britannique aurait établi un lien, chez les enfants âgés de 3 ans environ, entre le risque d’hyperactivité et l’ingestion d’aliments contenant des additifs comme l’acide benzoïque. L’hyperactivité se traduit par une incapacité à rester en place, à se concentrer et une impulsivité. En France, 3 à 5% des enfants souffrent d’hyperactivité (Archives of Disease in Childhood, 06/2004).
Certains additifs, pourtant autorisés, sont reconnus comme potentiellement cancérigènes. Il s’agit « de colorants : E123, E131, E142 ; de conservateurs : les dérivés benzoïques E210 à 219 et les dérivés nitrés E249 à 252 ; avec des doutes pour certains édulcolorants » (L. Le Goff, Médecines et alimentation du futur, 09/2009).
Notons qu’il est très difficile d’obtenir des informations sur la toxicité réelle des additifs, les rares études menées ne sont plus diffusées publiquement pour des raisons inconnues…
Enfin, une liste anonyme sur les méfaits des additifs alimentaires circula en 1976 sous le nom – abusif – de tract de Villejuif, ses recommandations sont sans fondements scientifiques.
Le code utilisé est fixé au niveau européen. Il se compose de la lettre « E » suivie d’un numéro permettant d’identifier facilement la catégorie. Par exemple :
100 pour les colorants ;
200 pour les conservateurs ;
300 pour les agents anti-oxygène ;
400 pour les agents de texture.
Une liste est disponible sur le site « les additifs alimentaires ».
Quelques additifs à éviter
E102 (tartrazine), E104, E110, E122, E124, E129 : ces colorants alimentaires peuvent avoir des effets indésirables sur l’activité des enfants : il favoriserait le syndrome d’hyperactivité chez les enfants.
E150b (caramel de sulfite caustique), E150c (caramel ammoniacal), E150d (caramel au sulfite d’ammonium). Ces colorants alimentaires sont ajoutés aux aliments pour leur donner une coloration brune plus prononcée. Ils sont présents dans de nombreux produits (petits-déjeuners, soupes, confiserie, assaisonnement, bouillons de cuisson…) et notamment les boissons : Coca-Cola, sodas, bières…
Étant donné leurs propriétés similaires, l’ANS a établi une dose journalière acceptable groupée de 300 mg par kg de poids corporel par jour (mg/kg pc/jour) applicable aux quatre colorants. Il a toutefois défini une DJA plus restrictive de 100 mg/kg pc/jour pour le colorant E150c. Ce dernier pourrait affecter le système immunitaire. Cependant, ces caramels colorants ne sont ni génotoxiques ni cancérigènes et il n’existe pas de preuve démontrant qu’ils aient des effets indésirables sur la reproduction humaine (EFSA, 03/2011).
E173 (aluminium). Ce colorant est utilisé pour apporter une couleur argent sur des dragées et des décorations de pâtisseries enrobées de sucre, ainsi que pour donner un fini argenté à des pilules et comprimés. Il est également présent dans l’eau du robinet. L’aluminium est potentiellement toxique pour les cellules nerveuses et serait notamment impliqué dans les maladies maladie d’Alzheimer et de Parkinson. Il faut éviter ce colorant d’ailleurs déjà interdit dans de nombreux pays comme en Australie (Manger Sain).
Méthylparabène ou 4-hydroxybenzoate de méthyle (E218) et son sel de sodium (E219) ; éthylparabène ou 4-hydroxybenzoate d’éthyle (E214) et son sel de sodium (E215) ; propylparabène ou 4-hydroxybenzoate de propyle (E216) et son sel de sodium (E217). Il s’agit des tristement célèbres composés de la famille des parabènes, suspectés d’être cancérigènes.
E249 ou nitrite de potassium. Ce conservateur a de nombreux effets pervers : entrave le transport de l’oxygène par le sang, peut entrainer des difficultés respiratoires, favorise les allergies, détruit les vitamines A, B1 et B2…. (Manger Sain). Attention ! Il est autorisé dans les produits BIO.
E250 ou nitrite de sodium. Ce conservateur et colorant est utilisé pour donner une couleur rose aux produits de charcuterie, donnant le sentiment au consommateur que le produit est frais. Il est présent dans pratiquement toutes les charcuteries où il se combine avec les protéines de la viande pour donner des nitrosamines, hautement cancérigènes. A ce titre, il est interdit dans plusieurs pays et déconseillé (Manger Sain). Attention ! Il est autorisé dans les produits BIO.
E251 ou nitrate de Sodium. Comme pour les nitrites, voir ci-dessus. Cancérigéne. Les sels de l’acide nitriques (nitrates) se transforment en nitrites dans l’organisme.
E252 ou nitrate de potassium (salpêtre) : voir E251
E280 ou acide propionique, induit des changements comportementaux chez les rats de laboratoire : hyperactivité et perte de la sociabilité. Cet acide est soupçonné de contribuer à la régression autistique. Autorisé en France.
E320 ou butylhydroxyanisole (BHA). Cet additif est utilisé pour éviter aux matières grasses de rancir. Le BHA est un cancérigène possible selon les données du CIRC et un perturbateur endocrinien. Le BHA est difficilement biodégradable et a un haut potentiel de bioaccumulation dans l’environnement. Il est notamment présent dans les chewing-gums.
E321 ou butylhydroxytoluène (BHT). Comme le BHA, il s’agit d’un Antioxygène utilisé pour retarder l’oxydation des aliments, notamment des matières grasses, et éviter leur rancissement. Il se retrouve dans de nombreux plats cuisinés et chewing-gums… Comme le E320, le 321 a été classé « cancérogène possible pour les humains » (par le CIRC et l’OMS). De plus, il peut provoquer des allergies cutanées, digestives et serait suspecté de favoriser le dépôt des graisses dans les artères chez certaines personnes
Quelques additifs controversés
E951 (aspartame). Cet édulcorant remplace le sucre dans plus de 6000 produits dits « light ». Certaines études  (Science & Vie,
Cependant, l’EFSA, suite à son analyse des données scientifiques
E621 (glutamate monosodique ou glutamate de sodium).
E150 :
Quelques additifs interdits
E128, colorant Rouge 2G suspendu en 2007 au vu des nouvelles données scientifiques indiquant que son usage pouvait présenter un risque en termes de sécurité.
Quelques additifs sans danger
E270 :
E330 :
E407 (alginates et carraghenanes) :
 En savoir plus – – Références
Panorama des textes législatifs et réglementaires sur les additifs alimentaires
Les additifs alimentaires – EUFIC
Répertoire des normes pour les additifs alimentaires – JECFA
Note complémentaire Les 8 additifs alimentaire les plus dangereux pour la santé

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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