La bonne recette de François de Rugy : mélanger le vert et le rouge !

La Décroissance – N°118 avril 2015 – Vincent Cheynet
Il [François Hollande] se verdit, incontestablement. » Son « engagement pour l’écologie est de plus en plus fort » (20 minutes, 27-2-2015). François de Rugy, le coprésident du groupe Europe Écologie Les Verts (EELV) à l’Assemblée nationale, n’en finit plus de chanter devant les micros et caméras les louanges du président de la République, un vrai écolo, raisonnable, qui « a pris conscience progressivement que cet enjeu était incontournable » (France Info, 26-2-2015).
François (de Rugy) aime François (Hollande) au moins autant qu’il vomit les écolos « fondamentalistes« , les zadistes – « ce n’est pas ma famille politique » (Europe 1, 6-3-2015) – l' »écologie d’extrême gauche » – « ça ne marche pas, je pense même que c’est antinomique » (France 2, 2-2-2015) -, l’écologie protestataire qui resterait tout  seul dans son coin, pur et dur... » (France Info, 26-2-2015), ou encore tous ceux qui critiquent l’Europe, le TGV – « certains écolos dénoncent les TGV et se lancent dans un éloge de la lenteur. On se dit que soit, des rendez-vous ne les attendent pas, soit ils ne prennent jamais le train » (dans son livre : A quoi peut bien servir un député écolo, éditions les petits matins, 2012) -, « ceux qui dénoncent les massacres en Palestine » (ce qui lui vaudra un rappel à l’ordre de son parti selon Politis 4-3-2015)De toute façon « le positionnement contestataire, anti-gouvernement, oppositionnel, ne séduit pas les électeurs » (France 3 – 2 février 2015). 
1071_deplaceAlors, autant en être, et ça tombe bien car François de Rugy, lui, veut en être. Politicard électoraliste affiché, il déclare être là pour « séduire les électeurs« . Goullet de Rugy (son nom complet) a au moins un mérite : l’honnêteté quant à son ambition. Il ne se cache pas et  n’essaye pas de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, contrairement à ses faux adversaires d’EELV, spécialistes pour se présenter comme opposants, tout en siégeant au cœur du pouvoir, Assemblée ou Sénat. Lui veut être ministre, le dit, et fera tout pour y arriver, « même contre l’avis du parti » (Le Figaro 18 mars 2015), parti auquel il doit pourtant tout Il crache donc sa bile contre les derniers vrais écologistes tout en se lançant dans un concours de lèche d’un François Hollande bien évidemment pas écologiste pour un sou comme le démontre tous les jours sa politique, et pour qui l’écologie n’est qu’un moyen de relancer la croissance ou la « nouveauté qui innove le progrès ».
Quarante ans après René Dumont, il y a donc un côté surréaliste à observer se personnage et son acolyte, la coprésidente du groupe EELV Barbara Pompili. Tous deux ressemblent à s’y méprendre à un couple de présentateurs de BFM business ou d’une chaîne d’info en continu. Ils n’ont d’ailleurs rien à craindre de ces journalistes dont ils sont les clones et qui dégoulinent de bonheur devant eux. Voici comment, l’espace de quatre décennies, le meilleur, l’écologie politique, a pu accoucher du pire : Europe Écologie Les Verts. Comment le projet de société le plus subversif arrivé sur la scène politique ces quarante dernières années a pu se transformer en plus parfaite entreprise de gardiennage de l’européisme béat libétal-libertaire. Une nouvelle illustration que le système rattrape, digère tout, et surtout absorbe en priorité ses éléments les plus dissidents pour les transformer en ses figures de proue.

Barbara Pompili et François De Rugy

Paris 20/12/12 Barbara POMPILI et François DE RUGY, co-présidents du groupe écologiste, à  l’Assemblée Nationale.
Vraiment, François de Rugy et Barbara Pompili, sont quasiment parfaits. Il est impossible de leur répondre tant ils ne sont que dans la posture. Au moins, une Dominique Voynet ou un Noël Mamère avaient encore un côté humain à travers leurs défauts affichés : la première avec son côté soupe-au-lait et le second avec sa faconde de vieux pirate politicard.
Et si ces personnages au profil d’androïdes étaient déjà des robots ? Un doute m’assaille. Les ordinateurs qui dictent leurs ordres à la Bourse ont-ils, comme dans le film Terminator, déjà créé des cyborgs évoluant parmi nous pour établir la tyrannie des machines ? Ne nourrissons pas la théorie du complot, mais quand même…

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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