L’Irlande s’inventait des euros, la BCE fermait les yeux…

Le Monde Diplomatiquemardi 28 avril 2015  – Renaud Lambert
D’un côté l’Irlande, érigée en modèle. De l’autre la Grèce, qui s’entêterait à imaginer d’autres solutions à la crise que celles choisies par ses créanciers. Mais, entre le bon élève et le cancre, il existe une autre différence : la mansuétude dont le premier a fait l’objet, en 2010, lorsqu’il s’est « inventé » 31 milliards d’euros. C’est ce que révèle Renaud Lambert dans son enquête « A la recherche du prochain Syriza » (en kiosques mercredi). Extrait.
Irlande-René-Le-Honzec-Contrepoints378La soutenabilité supposée de la dette irlandaise s’explique en partie par un tour de passe-passe dont on s’étonne qu’il n’ait pas davantage contrarié la Banque centrale européenne (BCE). Incapable de se financer sur les marchés pour renflouer ses banques moribondes, Dublin décide en 2010 d’émettre des reconnaissances de dette destinées à permettre aux établissements en difficulté de se financer auprès de la Banque centrale irlandaise. Le tout pour un montant de 31 milliards d’euros, soit environ 20 % du PIB. « Dans les faits, il s’agit d’une opération de monétisation de la dette, résume Tom McDonnell, économiste au sein de l’Institut de recherche économique Nevin (NERI). La Banque centrale a tout simplement créé 31 milliards d’euros sur un écran d’ordinateur. » Une opération réputée illégale au sein de la zone euro…
« Il est certain que la BCE n’était pas ravie, nous confie M. Dominic Hannigan, député du Parti travailliste (centre-gauche), qui gouverne le pays au sein d’une coalition formée avec le Fine Gael (droite). Mais, à l’époque, nous avions décidé de garantir les dettes de nos banques sous la pression de Bruxelles. » En janvier 2010, l’ancien directeur de la BCE Jean-Claude Trichet avait appelé le ministre des finances irlandais de l’époque pour lui demander de « sauver les banques à tout prix ». « D’une certaine façon, poursuit M. Hannigan, l’Irlande a accepté de se sacrifier pour le reste de l’Europe. Cela méritait bien un petit coup de main ! »
Le type de coup de main que la Grèce ne semble pas mériter en 2015…
L’Irlande est en fait toujours malade (Les crises.fr)
En Irlande, en fait la situation est apocalyptique, avec une consommation qui recule toujours et un investissement faiblard, empêchant toute réelle reprise ! Ceci entraîne des phénomènes de yoyos sur le commerce extérieur, avec des chutes puis reprises des importations. Actuellement la “reprise” constatée n’est due qu’au commerce extérieur – donc très fragile aux importations du reste du monde.
dessin-cartoon-crise-irlande-2Pendant des années, les neuneus nous ont expliqué que l’Irlande, c’était “le tigre celtique”. Pendant des années, les neuneus nous ont expliqué que la France devait prendre exemple sur “le tigre celtique”. Dans la presse papier, paraissaient des dizaines de reportages sur “le tigre celtique”, qui était soi-disant un modèle sur lequel la France devait s’aligner. Et puis, comme d’habitude, le fameux modèle à suivre n’en était pas un. Et puis, comme d’habitude, on s’est rendu compte que le fameux modèle à suivre, “le tigre celtique” n’était qu’un chat de gouttière squelettique, qui fait les poubelles pour ne pas crever de faim.Il est beau, aujourd’hui, “le tigre celtique” !
En France, les neuneus ont changé de modèle. En France, les neuneus ont trouvé un autre modèle étranger, sur lequel la France devait s’aligner, après “le dragon japonais”, après “le miracle espagnol”, après “le tigre celtique”, etc.Aujourd’hui, la mode médiatique, c’est le modèle allemand… jusqu’à quand ?

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