Pas de décote aux retraites complémentaires Agirc Arrco, supprimons plutôt les régimes spéciaux !

Association Sauvegardes Retraites – 08/04/2015 –
Un système de décote pourrait contraindre les salariés du privé à travailler jusqu’à 67 ans. Les affiliés aux régimes spéciaux continueraient, eux, à partir à la retraite à 62, ou 57, voire 52 ans. À quelle sauce les retraités du privé seront-ils accommodés par les régimes de retraite complémentaires du privé, Agirc et Arrco ? 
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Nous ne tarderons pas à le savoir, puisqu’un « accord final » doit être trouvé avant la fin du mois de juin 2015. Notons que les organisations professionnelles (salariales et patronales) chargées de la gestion de ces régimes complémentaires seront seules parties prenantes à cet accord, négocié sans consultation des affiliés.
Qu’est-il prévu ? Rien n’est encore définitif, mais il est question d’intégrer un mécanisme de décote pour dissuader les affiliés de partir avant 65 ou 67 ans. La mesure est présentée comme une chance ultime de sauver de la faillite les régimes Agirc et Arrco : pour un peu, leurs affiliés soulagés devraient remercier les gestionnaires d’avoir trouvé cette solution ! En réalité, la décote ne frappera, comme toujours, que les retraités du privé, tandis que ceux du secteur public seront encore une fois épargnés.
Toute la « ruse » de l’État et des partenaires sociaux consiste à faire comme si les régimes de retraite du secteur privé étaient complètement séparés des régimes spéciaux du public. A cet égard, il n’est pas inutile de rappeler que :
les régimes du public sont financés par l’impôt, c’est-à-dire par l’ensemble des contribuables. Outre les cotisations qu’ils versent pour leurs propres retraites, les salariés du privé contribuent donc à payer celles du public. Pourquoi cette « solidarité » serait-elle à sens unique ?
le système français de sécurité sociale est un monopole créé et garanti par l’État, qui a rendu obligatoire l’affiliation au système français de Sécurité sociale – y compris à l’Agirc et à l’Arrco.
Plutôt que de demander toujours plus de sacrifices aux salariés et retraités affiliés à l’Agirc et à l’Arrco, la solution la plus juste consiste aujourd’hui à aménager, voire supprimer les  dispendieux régimes spéciaux du secteur public.

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Officiellement, en France on ne touche pas aux pensions. En effet, depuis 20 ans, les réformes successives n’ont jamais décidé d’une baisse du niveau des retraites. Ces réformes ont même été présentées comme un moyen de le maintenir.Cependant, entre le discours officiel et la réalité, il y a un écart important. Subissant à la fois un « couperet social » et un « couperet fiscal », les pensions sont prises entre deux lames.
La boîte à outils du « couperet social » est particulièrement fournie : le « dégrisement » consiste à remettre en cause certains avantages ; le « grappillage », à revaloriser sous le niveau de l’inflation ; « l’érosion », à insérer un mécanisme d’ajustement automatique des pensions liquidées ; le « gel », à ne pas les revaloriser ; le « rabot », à les réduire par tranches successives ; et enfin « l’amputation », à réduire directement les droits servis.
Le « couperet fiscal » n’est pas en reste, avec la sur-fiscalisation des retraites d’entreprises ; l’augmentation de l’imposition des veuves ; la fiscalisation des majorations familiales ; la création d’une nouvelle taxe (la CASA) ; et bien sûr l’augmentation de la CSG.
Dresser le catalogue de ces techniques-couperets plus ou moins discrètes, c’est faire tomber le « tabou » des pensions prétendument garanties.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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