En Turquie, Erdogan se rêve en nouveau « sultan »

Le Monde 05/06/2015
erdogan.jpgbisSon nom n’apparaîtra sur aucun bulletin de vote. Pourtant, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, est au centre des élections législatives qui se tiendront dimanche, observe The Christian Science Monitor.
Et pour cause : ubiquiste pendant la campagne, le fondateur du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur, au pouvoir) – pour lequel il a ardemment milité, nonobstant son statut théorique d’impartialité – nourrit de grandes aspirations.
Son rêve ? S’appuyer sur ce vote pour réécrire la Constitution à sa main et abolir le système parlementaire. Autrement dit « installer une quasi-dictature », tranche The Guardian.
Mais pour assouvir ses ambitions de « néo-sultanat », encore faut-il que le plébiscite soit massif. Si l’AKP obtient 367 des 550 sièges du Parlement, il aura partie gagnée. Moins de 330 sièges, en revanche, sonnerait le glas de son projet de République présidentielle.
A en croire les sondages, la victoire est promise au parti, mais elle ne devrait pas être aussi écrasante que par le passé. Car, au fil des années, l’AKP s’est attiré des critiques de plus en plus cinglantes sur son inclination à vouloir resserrer l’étau autour de la société civile, notamment les femmes. Celles-ci, de fait, ont vu leurs droits rognés depuis 2002, rappellent Time et la BBC.
Le parti prokurde HDP bouleversera-t-il la donne politique ? Il semble en tout cas détenir une partie des clés du scrutin (à supposer toutefois qu’il franchisse le seuil des 10 % de voix nécessaire à une représentation au Parlement), soulignent The New York Times et Today’s Zaman.
Pour le journaliste indépendant Caleb Lauer, ces élections soulèvent davantage de questions qu’elles n’apportent de réponses (The National). Ce qui pousse Hürriyet à spéculer sur « le jour d’après ». Dans une tribune à Haaretz, Louis Fishman, professeur au Brooklyn College, gage que, quel que soit le message des électeurs, Recep Tayyip Erdogan n’abdiquera pas facilement l’espoir de se muer en « super-président ».
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The Terror Olympia

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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