Crise grec – La valse-hésitation de Nicolas Sarkozy : A contretemps sur le dossier grec. les internautes se moquent d’Eric Woerth avec le hashtag #cestunpeugraceaSarkozy

Accord sur la Grèce – Le HuffPost : l’ex-président est présenté comme un faiseur de miracles, ayant tour à tour découvert l’Amérique, causé la chute du mur de Berlin ou sauvé le soldat Ryan…
LE MONDE | 14.07.2015 |

4643999_6_ffef_nicolas-sarkozy-a-palaiseau-essonne-le-16_1a7847e80e523c5af487711947e2e29d

« C’est toujours une erreur de vouloir faire de la politique intérieure avec des grands sujets de politique internationale. » Nicolas Sarkozy n’a manifestement pas écouté ce conseil formulé par Jean-Pierre Raffarin dans Le Monde du 13 juillet 2015.
Girouette 01Depuis une quinzaine de jours, le président du parti Les Républicains (LR) a donné l’impression de naviguer à vue sur le dossier grec, en étant guidé par un seul objectif : marquer des points face à François Hollande. En vain. Avec ses changements de pied successifs, M. Sarkozy a peiné à trouver le ton juste et le bon tempo. Sa dernière intervention, dimanche 12 juillet, quelques heures avant l’annonce d’un accord européen pour venir en aide à Athènes, est apparue totalement décalée.
Depuis Bruxelles, où il assistait à une réunion du Parti populaire européen (PPE) s’apparentant à une sorte de contre-sommet, l’ancien chef de l’Etat s’en est pris à son successeur, alors que ce dernier se trouvait en pleine séance de négociations avec les dix-huit autres dirigeants de la zone euro. « Il faut que M. Hollande se ressaisisse et reconstitue une unité avec la chancelière allemande Angela Merkel », a déclaré M. Sarkozy, en reprochant à M. Hollande d’avoir commis l’« erreur » de laisser croire au gouvernement grec « qu’il pouvait avoir un chèque sans condition de la part de ses partenaires de la zone euro sans faire les réformes dont nous avons besoin ».
Sans surprise, la gauche n’a pas manqué l’occasion de dénoncer l’ingérence de M. Sarkozy, en lui reprochant d’avoir voulu déstabiliser son successeur en pleine négociation. « Ce n’est pas responsable, en plein sommet, d’aller à Bruxelles pour s’immiscer dans une discussion », a asséné le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.
….
Le premier ministre, Manuel Valls, est allé jusqu’à accuser M. Sarkozy d’avoir joué contre les intérêts de son propre pays :
« Quand on est un ancien président de la République, on n’affaiblit pas la position de la France. On aide son pays quoi qu’il arrive. (…) C’est comme cela qu’on est un vrai patriote. »
Tentation de se donner le beau rôle
« Nicolas Sarkozy a eu mille fois raison de tirer la sonnette d’alarme. C’est le rôle d’un grand leader de l’opposition », a rétorqué le député LR Eric Woerth, lundi, lors d’un point presse. Sans rire, l’ex-ministre a aussi assuré sur BFM-TV que l’ancien chef de l’Etat – pourtant à l’écart des négociations entre les dirigeants européens en exercice – n’était pas pour rien dans la conclusion de l’accord : « Visiblement, l’appel de Nicolas Sarkozy n’est pas resté lettre morte. » Sa phrase a inspiré de nombreux détournements sur Twitter, tous répertoriés sous le hashtag #CestUnPeuGraceaSarkozy, où l’ex-président est présenté comme un faiseur de miracles, ayant tour à tour découvert l’Amérique, causé la chute du mur de Berlin ou sauvé le soldat Ryan…

Girouette 02

En cause : la tentation de M. Sarkozy de se donner le beau rôle dans ce feuilleton, qui l’a amené à faire évoluer sa position. Même s’il a affirmé dimanche qu’il a « toujours pensé qu’un compromis était préférable », le président de LR a pourtant effectué un virage à 180 degrés en l’espace d’une dizaine de jours. Dans Le Monde daté du 2 juillet 2015, il défendait une ligne de fermeté, appelant à « ne pas céder » face au premier ministre grec, Alexis Tsipras, et décrétant de manière prématurée que le gouvernement grec avait « suspendu de fait, de lui-même, l’appartenance de la Grèce à la zone euro ». M. Sarkozy semblait alors se résoudre à une sortie d’Athènes de l’euro. Pour lui, la poursuite des négociations n’était pas une priorité : « La question est davantage de savoir comment protéger la zone euro du désastre grec que de simplement protéger la Grèce. »
Cette position était davantage en phase avec la ligne intransigeante de la droite allemande qu’avec celle de l’exécutif français consistant à négocier jusqu’au bout pour éviter un « Grexit ». Le 4 juillet, M. Sarkozy réaffirmait ses convictions en dénonçant la volonté de M. Hollande de « chercher des compromis » à tout prix. Quatre jours plus tard, revirement total. Le président de LR se prononce désormais pour un maintien d’Athènes dans la zone euro, en déclarant « partager » la volonté de « Monsieur Hollande et Monsieur Valls » de rechercher jusqu’au bout un compromis.
cariUn changement de ton dicté par l’évolution de la situation : entre-temps, M. Tsipras a promis de présenter des propositions de réformes pour obtenir une nouvelle aide. Un compromis semble alors envisageable. Dès lors, pas question pour M. Sarkozy de laisser son successeur revendiquer seul la victoire. Peine perdue : l’action du président de la République a tout de même été saluée à droite, à la suite de l’accord. Lundi, M. Woerth a reconnu que M. Hollande avait « joué son rôle » et « consacré beaucoup d’énergie » pour obtenir « un bon accord ». De son côté, le patron des députés LR, Christian Jacob, lui a attribué le mérite d’avoir « œuvré pour que la Grèce reste dans la zone euro ».
Alexandre Lemarié Journaliste en charge du suivi de l’UMP

 

 Accord sur la Grèce: les internautes se moquent d’Eric Woerth avec le hashtag #cestunpeugraceaSarkozy
Rédaction Le HuffPost 13/07/2015 Pour Woerh, « l’appel de Sarkozy n’est pas resté lettre morte »
Eric_Woerth_coulPOLITIQUE – Eric Woerth se souviendra de sa petite phrase. Invité de BFMTV ce lundi 13 juillet, peu après l’annonce de l’accord sur la Grèce, l’ancien ministre en a profité pour attaquer François Hollande et rendre hommage à son prédécesseur, Nicolas Sarkozy. Car selon Eric Woerth, le président des « Républicains » n’est pas étranger à l’issue favorable des négociations. « Visiblement, semble-t-il, l’appel de Nicolas Sarkozy n’est pas resté lettre morte », a-t-il dit.
Dimanche, l’ancien président de la République avait appelé François Hollande à se « ressaisir » et souligné l’importance du couple franco-allemand, une prise de position qui aurait donc payé. Lundi matin, les propos d’Eric Woerth ont sans surprise beaucoup fait réagir, suscitant les critiques et l’ironie de plusieurs élus de gauche mais aussi des internautes. Sur Twitter, le hashtag (mot-clé) #cestunpeugraceaSarkozy est rapidement devenu l’un des plus utilisés.
Découvrez ci-dessous un florilège de ces plaisanteries sur le réseau social :
La chute du Mur de Berlin #CestUnPeuGraceASarkozy pic.twitter.com/foCVcBthYu
— Jérôme Mirot (@djmimifr) 13 Juillet 2015
la mode de talons hauts pour homme #cestunpeugraceàsarkozy
— ElisaKermaguer✏️ (@IamRepublicaine) 13 Juillet 2015
La découverte de l’Amérique, #CestUnPeuGraceASarkozy pic.twitter.com/IQ675EdyYC
— David דוד איסקאנדיי (@DavidEscandeu) 13 Juillet 2015
#CEstUnPeuGraceaSarkozy que la terre tourne : avant lui, elle était plate.
— Au Bistrot des Mots (@FernandRaynaud) 13 Juillet 2015
Si une semaine dure 7 jours, une journée 24h, une heure 60 minutes, une minute 60 secondes #cestunpeugraceasarkozy
— Lunise Marquis (@luniseMarquis) 13 Juillet 2015
La fin des dinosaures #cestunpeugraceaSarkozy
— Hugo Baillet (@hbaillet) 13 Juillet 2015
L’orgasme de millions de femmes françaises hier soir #cestunpeugraceaSarkozy
— David Desgouilles (@DDesgouilles) 13 Juillet 2015

20-1782505-1257775126

sarkozy-a-sauve-le-soldat-ryan_5381119

Sarkozy a sauvé le soldat Ryan…

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Débats Idées Points de vue, Europe, Humour, Médias, Politique, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.