Changeons d’agriculture: Réussir la transition

REVOLUTION – Journal satirique, indépendant, optimiste et bien veillant de lutte contre l’idiocratie – N°1 Bimestriel /juin-juillet 2015 – 3,80 € dans tous les bons kiosques
L’agriculture bio peut nourrir la planète plus efficacement
Dans un excellent papier publié sur le blog Changeons d’agriculture, et repris par le site de l’Obs, l’agronome Jacques Caplat explique comment, selon lui, toutes les études qui montrent que l’agriculture bio a des rendements inférieurs aux cultures traditionnelles utilisant la chimie sont biaisées. Ces études ont une approche réductionniste – on fait varier un seul facteur à le fois, ce qui ne reflète pas la réalité. Elles sont aussi réalisées dans un milieu climatique tempéré, ce qui ne représente qu’un quart de la surface de la planète et n’est pas révélateur des réelles conditions de culture.

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 Les études « antibio » ignorent aussi les fondements de l’agriculture biologique, en particulier la nécessité de tendre vers des cultures associées avec des semences adaptées au milieu. Or, les semences étudiées sont calibrées et formatées pour fonctionner grâce et avec la chimie (engrais, pesticides…). « Il est parfaitement possible de définir les pratiques permettant de classer chaque ferme dans la catégorie « conventionnelle » ou dans la catégorie « biologique » : présence ou absence de produits chimiques (qui ne suffisent pas à définir la bio, mais dont la suppression met en branle ses pratiques systémiques), cultures pures ou associées, absence ou présence d’arbres, semences standardisées ou adaptées aux milieux, etc« , déclare Caplat.
Plusieurs études ont été réalisées avec la bonne foi nécessaire, et elles montrent toutes que l’agriculture biologique obtient des rendements supérieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle. Alors, qu’est-ce qu’on attend ? 
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Le maraîchage bio peut obtenir des rendements considérables (Photo Bec Hellouin)
 9782330032340
Date de parution 07/05/2014/ Editeur Actes sud /Collection Domaine Du Possible /Broché 17 €
Le “modèle” agricole qui s’est imposé depuis quelques décennies est de plus en plus critiqué en raison de ses conséquences néfastes sur l’environnement, l’emploi et la santé humaine et animale. Pourtant, sa remise en cause est souvent écartée au nom de l’urgence alimentaire : il serait “le seul capable de nourrir l’humanité”. Cette affirmation péremptoire interdit le débat et nous enferme dans une impasse dont il est urgent de sortir. L’objet de cet ouvrage est de lever certains malentendus et de détailler les alternatives qui nous permettront d’élaborer une autre agriculture, capable de réconcilier paysans, environnement et société.
Pour ce faire, l’auteur explique quels ont été les choix scientifiques, économiques et politiques qui ont présidé à l’élaboration du modèle “conventionnel”, et démontre que d’autres choix tout aussi performants sont possibles. Il décrit alors les étapes d’une transition en s’appuyant sur la réalité de milliers de paysans passés de l’agriculture conventionnelle à l’agriculture biologique. C’est donc bien d’actes concrets et réalisables qu’il est question ici, où paysans et citoyens sont mis à contribution, chacun ayant son rôle à jouer dans une transition réussie vers l’agriculture de demain.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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