Reprendre l’argent des milliardaires et taxer la finance

 REVOLUTION – Journal satirique, indépendant, optimiste et bien veillant de lutte contre l’idiocratie – N°1 Bimestriel /juin-juillet 2015 – 3,80 € dans tous les bons kiosques
Avons nous réellement conscience à quel point les riches sont riches et à quel point ils accumulent plus de pépettes chaque jour, sans même lever le petit doigt ?

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On ne parle pas ici des petits millionnaires de pacotille qui n’ont que six ou sept chiffres avant la virgule sur leurs comptes en banque. On parle des milliardaires. Des mastodontes. Du peloton de tête de ces 1% de la population mondiale et qui possèdent désormais plus de 50% des richesses. On parle de ces joueurs de Monopoly humain géant qu’est devenu notre monde, ceux qui ne prennent leur pied que lorsqu’ils engrangent plus, sans penser aux conséquences de cette accumulation et de ce blocage de fric qui est en train de finir de faire de cette Terre une planète invivable. Ces riches là sont coupables !
Ils sont coupables de garder pour eux de l’argent dont ils ne savent que faire, et dont des milliards de miséreux auraient tant besoin pour survivre. Garder jalousement leurs milliards dans leurs cassettes est aujourd’hui un véritable crime contre l’humanité. Cette poignée de gougnafiers est bel et bien notre ennemie réelle, à nous, les autres 99% de la population. Ils se sont enrichis grâce à la société. Rendre des comptes à cette société devrai donc être une obligation. Rendre tout court à la société devrait être une obligation.
Certains patrons de hedge funds gagnent 15 ans de smic en 1 heure !
Les 20 personnes les plus riches du monde, dont les fortunes estimées représentent au total au moins 850 milliards de dollars, ont toutes fait leur beurre en nous vendant des choses (que nous avons bien souvent nous-mêmes produites), en exploitant les ressources naturelles et humaines de la planète, et/ou en profitant du système monétaire. Il est temps se songer à exiger une rétribution, au nom d’une solidarité plus nécessaire que jamais dans un monde où l’on considère (estimation basse) que plus de 1,6 milliards d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable et où d’après la FAO (Organisation des Nation unies pour l’alimentation et l’agriculture) un enfant meurt de faim toutes les six secondes. De quoi s’insurger !
Pendant ce temps là, perché en haut de leurs tours d’ivoire, les 25 « meilleurs » dirigeants de hedge funds ont gagné plus de 11,6 milliards de dollars l’an passé, selon une étude de Institutional Investor,s alpha relayée par BFMTV. Les mieux payés d’entre eux ont gagné 250 000 euros de l’heure, soit 15 ans de smic en soixante minutes. Ce qui est le plus lucratif de nos jours, c’est tout de même de rester derrière son écran et de cliquer là où il faut quand il faut. Grâce à la rapidité des flux de monnaie électronique, le système spéculatif s’est emballé façon boule de neige, et il grossit tout les jours un peu plus. Sur le simple marché des devises, 5 000 milliards de dollars sont échangés tous les jours dans le monde. Taxons cela !
Quid des paradis fiscaux ? 
Difficile d’obtenir des chiffes à ce sujet puisque tout ça est par définition bien opaque. Selon le *Réseau pour la Justice Fiscale, entre 21 000 et 32 000 milliards de dollars seraient planqués. Dans un rapport sur la lutte contre les paradis fiscaux et les centres offshore datant de 2009, on évalue à près de 10 000 milliards de dollars les sommes qui y transitent chaque année. En Europe, 1 000 milliards d’euros trouvent refuge dans les paradis fiscaux tous les ans. Apple, Amazon, Heinz, Pepsi, Ikea, Deutsche Bank, Fiat, Axa et on en passe, ont trouvé des montage idéaux pour réduire les impôts… 
Inadmissible vis-à-vis de leurs clients, les citoyens des pays ainsi spoliés de ces taxes. Taxons la spéculation, les multinationales blindées et les milliardaires. Ils nous doivent tant !     Valérie Benurtel
hollande-sapin--2* Le Réseau pour la Justice Fiscale (RJF) est né en 1998. Il réunit une trentaine d’organisations : syndicats, ONG de développement, mouvements de jeunesse et d’éducation permanente, associations de financement alternatif, groupes de citoyens…

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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