Comportement humain : quelle meilleure posture adopter ?

L’Écarlate – Petit journal mensuel à vocation poétique – juin 2015
Quelle est la meilleure posture à adopter ? Voilà une question qui fait tourner les têtes. Pour séduire cette meuf, pour conquérir l’électorat, pour impressionner ce groupe, comment se tenir ? C’est ça, une posture : c’est comment le corps se tient. et puis, c’est comme l’affrontement qui excite, on a l’impression de penser quand on la « courage » de prendre parti pour telle posture plutôt que pour telle autre, et le jeu médiatique fait se lancer les unes contre les autres, des postures qui viennent se mordre les mollets comme des chiens dans une arène…
La posture est doublée d’une imposture quand on fait croire que ça, ce manège d’époque, relève de l’intelligence ou du manque d’intelligence. Non. L’intelligence et la bêtise, elles sont dans la pensée, c’est la pensée leur maison. Il s’agit de réfléchir, de construire ce que l’on appelait une idéologie avant que ce mot ne soit traîné dans la boue de l’histoire, ou encore une éthique, avant que ce mot ne couvre de poussière philosophique. On a eu peur de tout ça, peut-être – je n’en sais rien – parce que l’histoire s’est plus rappelées des monstres que des saints. On s’est cogné. Alors on arrête de faire des maisons, on préfère faire des châteaux de cartes, qui ne font pas mal quand ils s’écroulent.
SPIROU 4Certains s’indignent de de la glissées récente de la France à droite, alors que l’UDF et le RPR de 1990 (Bayrou! Juppé ! Balladur!) avaient un programme plus hardcore que celui de Le Pen aujourd’hui Les types qui nous gouvernent n’ont pas l’étoffe des génies du mal : ils appliquent consciencieusement la politique du chien crevé au fil de l’eau. Ils se disent tous tolérants et c’est intolérable. La posture qui fonctionne bien dans les années 2010, c’est celle du pseudo-intellectuel populaire, en vérité bien ignorant, assis sur un canapé rouge ou dans un fauteuil noir, et qui fait semblant de tisser des liens entre des tas de choses en vérité fort éloignées. Les mots tournent à vide, les penseurs du libéralisme, du communisme, de l’humanisme et même du fascisme ne comprendraient rien à ces débats stériles cryptés en novlangue hideuse. Et à force de les employer à tort, les mots ne veulent plus rien dire, et on a l’impression que ce sont eux qui ont échoué. Comme si c’était aux mots de produire de la pensée.
C’est aux gens de produire de la pensée.
Il faut se rendre compte de la chance qu’offre cette époque. Elle est en train d’essorer, de vider, de mettre à plat tout ce qui était sacré, tout ce qui était important. c’est terrible, sans doute, mais il reste les humains. Les carcans dans lesquels on veut les enfermer, pour qu’on soit tous d’accord, ils sont fragiles, inexistants, éclatables. Nous nous autoriserons à tout reprendre, à tout étudier, à tout penser. Tout est bon à faire avec le bien. Parce qu’il n’y a plus rien de sacré, recréons nos critères de valeur loin du religieux, mais soyons honnêtes intellectuellement, rigoureux avec nous-mêmes, intransigeants, toujours, toujours plus; l’individualisme ne sera qu’une mauvaise herbe a nous arracher régulièrement du cœur. Nous serons optimistes, car nous deviendrons lucides, tout doucement, ha… Patience.

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