Environnement – Sécheresse / vigilance sur la Loire – Blois : que se cache-t-il sous la Loire ?

 La Nouvelle République juillet 2015
Après deux années très humides, la Loire renoue avec son étiage estival. Un niveau d’eau en dessous des normales saisonnières, mais sous contrôle.
LOIRE NIVEAU EAU BAS  PHOTO PATRICE DESCHAMPS
LOIRE NIVEAU EAU BAS PHOTO PATRICE DESCHAMPS
Au pont Mirabeau, à Tours, le débit de la Loire est passé, depuis début juillet, sous les 70m3/s. Un niveau très bas. – (Photo NR, Patrice Deschamps)
On se promène au sec en bord de Loire mais la traversée de son lit à pied n’est pas pour cet été. Surveillé comme le lait sur le feu, le niveau du fleuve est particulièrement bas en ce début d’été.
A la station de Gien (Loiret), qui fait référence pour déterminer le débit « objectif », le débit est passé pendant quelques jours sous la barre des 60 m3/s, approchant l’étiage exceptionnellement faible (55m3/s) enregistré en 2003. Bien au-dessus toutefois du seuil « pivot » de 50 m3/s, à partir duquel des mesures doivent être prises. Sur les bords du cours d’eau, on parle de normale estivale plutôt que de sécheresse, mais la veille est activée.
« On a eu beaucoup d’eau ces derniers étés, donc, si on fait la comparaison, le niveau est très bas. Cependant, avec un peu plus de recul, nous sommes proches des niveaux estivaux, peut-être juste un peu en avance sur août », relativise un hydrologue.
Une hydrométrie en dessous de la moyenne saisonnière
A Tours, au pont Mirabeau, à Tours, le débit est de 69 m3/s ; il était de 275m3/s à la même date l’année dernière, particulièrement humide. « La moyenne inter-anuelle en juillet à Gien est de 139m3/s, donc nous sommes bien en dessous, mais cela ne dénote aucune difficulté : les barrages de Villerest (Loire) et Naussac (Lozère) sont suffisamment pleins pour réguler l’étiage », précise Mme Reverchon-Salle, responsable eau et biodiversité à la Dreal. Des lâchers d’eau réguliers permettent de maintenir le niveau autour des 60 m3/s.
Les centrales en phase de vigilance

acentrale chinonarton3437

Les plus exposées aux risques de sécheresse sont les quatre centrales nucléaires qui bordent le fleuve. Comme souvent l’été, elles sont passées en « phase de vigilance », relève Myriam Flori, directrice de la communication de la centrale de Chinon. Ce niveau d’alerte, déclenché dès que le débit de la Loire passe sous le seuil des 60 m3/s, implique une organisation entre les quatre sites. Elles coordonnent alors leurs prélèvements d’eau de refroidissement et rejets d’effluents radioactifs afin de ne pas nuire à leur bonne dilution. « A ce niveau d’alerte, la sûreté n’est pas du tout remise en cause », assure-t-on à Chinon.
Les pêcheurs philosophes

aloire-basse-banc-de-sable-cailloux-secheresse-chaleur-ete_2196197

Les bancs de sables à découvert, les marres abandonnées près des rives laisse malgré tout une impression de sécheresse. « En été, il y a des endroits où il ne reste que 40 cm d’eau », constate Jacky Marquet, président de la Fédération de pêche d’Indre-et-Loire. Conséquences de cette baisse saisonnière, « des fosses se créent par endroits, favorisant un rassemblement de poissons pris au piège. Certains en profitent pour braconner un peu… », relate le président.
Autre écueil, le développement d’algues « peut-être un peu supérieur à la normale ». Mais loin de dramatiser, Jacky Marquet s’avoue même plutôt content que le beau temps fasse fleurir les vocations de pêcheurs en bord de Loire.
Mariella Esvant  Indre-et-Loire
 Blois : que se cache-t-il sous la Loire ?
La Nouvelle République 23/07/2015
Le niveau exceptionnellement bas de la Loire fait le bonheur des passionnés d’histoire : à Blois, des ouvrages anciens réapparaissent dans le lit du fleuve.

anrBlois-que-se-cache-t-il-sous-la-Loire_image_article_large

Dix mètres en aval du pont Jacques-Gabriel, à Blois, on distingue des pieux ronds qui sont « les bases d’une passerelle provisoire qui resta là de fin 1944 jusqu’en décembre 1948 », raconte Bruno Guignard, responsable du fonds patrimonial des bibliothèques de Blois. Cette passerelle fut édifiée après la destruction de plusieurs arches du pont Jacques-Gabriel pendant la Seconde guerre mondiale.
Un second site se trouve un peu plus en aval,  face à la rue du Commerce. Il s’agit cette fois des vestiges d’un pont bien plus ancien, remontant à l’époque médiévale. Il aurait été construit en 1089. Ce pont va rester en place « jusqu’à la nuit du 8 au 9 février 1716 », narre le passionné
La Loire a dégelé, et les morceaux de glace se sont mis en mouvement avant de s’entasser contre le pont. ” Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que l’on va construire le pont Jacques-Gabriel.
Plus en aval encore, à 150 m du pont environ, dans la droite ligne de la rue des Jacobins, « on peut voir des pieux en bois », témoigne Bruno Guignard. L’étude des cernes de bois a permis de dater cet ouvrage au Ier siècle avant notre ère.
Adrien Planchon Loir-et-Cher Blois – Patrimoine
  Sécheresse : le seuil d’alerte atteint pour des rivières
La Nouvelle République 25/07/2015
Le débit de seuil d’alerte a été franchi pour l’Ardoux. – (Photo NR, Jérôme Dutac)
LE COURS D EAU DE L ARDOU A SAINT LAURENT NOUAN LORS DE LA SECHERESSE    POISSON PIEGE DANS UNE NAPPE D EAU

LE COURS D EAU DE L ARDOU A SAINT LAURENT NOUAN LORS DE LA SECHERESSE POISSON PIEGE DANS UNE NAPPE D EAU

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Ecologie, Loisirs Tourisme, Nature, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.