«Les plateformes de financement participatif (crowdfunding) vont devenir superpuissantes»

20 minutes – 23 juillet 2015 – Emmanuel Mayega, rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0.
L’économie de demain sera-t-elle collaborative? Vous ne le savez peut-être pas, mais elle l’est déjà un peu aujourd’hui. En France comme à l’international, de nombreuses initiatives participent en effet au développement de ce modèle alternatif moteurs de changement.
8661000014_715a3135e5_oPour Emmanuel Mayega, expert de l’intégration des technologies dans le secteur bancaire et rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, les plateformes de crowdfunding, qui font appel à un large public pour financer des projets, constituent une menace pour les banques.
Les collectes via le crowdfunding représentaient 152 millions d’euros en 2014 selon les chiffres de Financement Participatif France.
Comment réagissent les banques face à cette montée en puissance?
Le secteur bancaire est aujourd’hui désorienté car il est en train de perdre son leadership, concurrencé par des acteurs alternatifs qui ont fait irruption ces dernières années à la faveur d’Internet. Les banques sont aussi dans la crainte car les plateformes de crowdfunding sont amenées à devenir superpuissantes.
A quel besoin répondent principalement les plateformes de financement participatif?
crowdfunding(1)Ces sites sont au service de la création de start-up. Les plateformes de crowdfunding ont l’audace de soutenir des petits projets en phase d’amorçage dont on n’est pas quasi certain de la viabilité. Aujourd’hui, la société est de plus en plus celle du partage et la logique renferme de l’entraide. Les particuliers sont donc prêts à financer des projets d’autant que les risques sont répartis sur l’ensemble des contributeurs. Et n’oublions pas que les Français préfèrent financer des projets qui leur tiennent à cœur à l’heure où leur livret A, avec un taux en dessous de 1%, ne leur rapporte rien.
Les banques, elles, depuis la crise de 2008, se désintéressent des PME car elles sont frileuses à l’idée de prendre des risques. Elles accordent donc moins facilement un crédit, demandent de nombreuses garanties et s’assurent de la solidité et de la pérennité du projet avant de le financer.
Pourtant les banques entrent aujourd’hui dans le jeu du financement participatif…
Oui car elles ne veulent pas laisser les plateformes centraliser le marché. La Banque Populaire vient de créer sa propre plateforme régionale Proximea. Le but: apprendre et comprendre ce qu’est le financement participatif, qui est une activité en plein développement.
D’autres banques privilégient les partenariats: c’est le cas de La Banque Postale, désormais liée à la plateforme de don KissKissBankBank ou encore de Groupama Banque, partenaire de Unilend, plateforme de prêt aux entreprises françaises. En tissant ce partenariat, Groupama Banque finance un projet sans demander autant de garanties que dans le circuit bancaire classique. Du coup, lorsque la banque participe à une campagne de crowdfunding, à côté de tous les autres contributeurs, elle ne supporte le risque de la non réalisation du projet qu’à hauteur de 20%.

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Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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