Inde-Bangladesh : entente frontalière historique

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Pendant soixante-huit ans, ils ont vécu dans l’ombre, en butte à l’indifférence, à l’ostracisme, voire à l’animadversion. Désormais, les quelque 50 000 apatrides établis de part et d’autre de la frontière indo-bangladaise, longue d’environ 4 000 km, retrouvent enfin la lumière et, avec elle, l’espoir d’une nouvelle vie.
Samedi, en vertu d’un accord signé au début de juin, New Delhi et Dacca ont procédé solennellement à l’échange de 162 enclaves qui, depuis 1947 et la fin du Raj (période de domination britannique sur le sous-continent indien), constituaient autant de « zones grises », sans statut défini, entre les deux pays.
 Les personnes impécunieuses qui résident dans ces enclaves (111 indiennes au Bangladesh, 51 bangladaises en Inde), guère plus grandes qu’un champ de riz ou un petit village, vont d’ici peu jouir pour la première fois d’une véritable identité, ce qui leur permettra d’avoir accès à tous les services de base, expliquent la BBC et la Deutsche Welle.
Elles pourront décider de rester là où elles sont – et, dans ce cas, changer de nationalité – ou s’installer de l’autre côté de la frontière, souligne le Wall Street Journal, rappelant que les négociations entre les deux Etats voisins de l’Asie du Sud duraient depuis 1974, soit trois ans après la fin de la guerre indo-pakistanaise qui donna naissance au Bangladesh (ex-Pakistan oriental).
Jusqu’à présent, toutes celles qui résidaient en Inde ont fait le choix d’y demeurer. Si cet échange représente sans conteste une percée diplomatique majeure, il ne règle pas tous les problèmes comme la contrebande, l’immigration illégale et le partage de l’eau des 53 rivières et fleuves d’Inde qui coulent vers le Bangladesh.
  Le pouvoir indien, en tout cas, y voit un signe positif, lui qui ne désespère pas de rééditer pareil « exploit » avec le Pakistan, son vieil ennemi atavique (Newsweek).
Le Monde 03/8/2015
NoteEn 1993, l’Inde a entamé la construction d’un mur de séparation de 3 200 kilomètres avec son voisin bangladais. Qu’il soit fait de béton ou de fil de fer barbelé, il est infranchissable et sévèrement gardé par les troupes indiennes de la Border Security Force (BSF). Les raisons officielles avancées par l’Inde pour justifier l’érection d’un mur sont la protection contre l’infiltration de terroristes islamistes et l’immigration bangladaise. Le dessin historique de la frontière (qui date de 1947, à la chute de l’Empire britannique des Indes) a divisé cette grande région du Bengale et cette division a des conséquences humaines dramatiques*.La Border Security Force (BSF)

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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