Pakistan : l’héritage vénéneux de Hamid Gul

ahamid-gul_1Ame damnée pour les uns, patriote irréprochable pour les autres. Hamid Gul, l’ancien chef des services de renseignement de l’armée pakistanaise (ISI), disparu ce week-end à l’âge de 78 ans des suites d’une hémorragie cérébrale, continue, par-delà la mort, de susciter des sentiments très antagoniques.
D’une franchise redoutable, comme aucun autre hiérarque militaire de sa génération, il était connu pour son hostilité farouche envers l’Inde l’ennemi ataviqueet les Etats-Unis.
Dans un entretien accordé à la BBC en 2010, que celle-ci rappelle opportunément, il avait d’ailleurs déclaré : « L’Amérique et [Hamid] Karzaï appartiennent au passé ; les talibans représentent l’avenir. » Pendant son court mandat à la tête de l’ISI, de 1987 à 1989, il n’avait pourtant pas hésité à faire front commun avec les Américains et les Saoudiens, qui fournissaient armes et argent aux moudjahidine pour les aider à bouter les Soviétiques hors d’Afghanistan.
L’idylle prendra fin dès le retrait de l’Armée rouge (Gulf News). Lorsque les Etats-Unis sont attaqués sur leur sol, le 11 septembre 2001, Hamid Gul dénonce un « complot juif » et un « coup monté de l’intérieur ». Par la suite, il affichera à plusieurs reprises sa « solidarité » avec le chef suprême d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden.
Les autorités de New Delhi, de leur côté, l’ont toujours considéré comme l’un des promoteurs actifs du militantisme islamiste au Pendjab indien, relève The Indian Express. In fine, cet idéologue laisse derrière lui un « héritage dangereux […] sous la forme d’une myriade d’organisations djihadistes », estime la Deutsche Welle.
Un legs pernicieux qui, conclut-elle, perdurera « tant que les militaires pakistanais poursuivront leur politique anti-indienne et continueront de s’ingérer dans les affaires intérieures de l’Afghanistan ».
Le Monde 17/08/2015

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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