Loir-et-Cher – Le frelon asiatique poursuit sa percée

La Nouvelle République 21 /08/2015
Depuis deux ans, l’espèce en provenance d’Asie prolifère dans le département. Pour le moment, les solutions pour l’éradiquer restent à trouver.

Un équipement spécial est indispensable pour la destruction.

Pas question d’attaquer les nids sans une protection spécifique. – (Photo archives NR)

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La moitié des insectes piqueurs qu’il détruit sont des frelons asiatiques. Rodolphe Rodet, désinsectiseur et gérant de la société Artech services, a pu observer la prolifération de l’espèce : « En 2011, j’ai détruit moins de dix nids de frelons asiatiques. L’année d’après, ce chiffre est passé à 40, et en 2013 j’ai passé la barre des cent nids. » Pour Lufti Kocyigit, un confrère de l’entreprise SOS Abeille 41, le constat va dans le même sens : « J’interviens à peu près trois fois par semaine pour détruire ce type de nids ».
«  Un bon frelon asiatique est un frelon mort !  »

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Présent depuis 2010 dans le Loir-et-Cher, l’espèce prolifère particulièrement depuis 2013. Selon Rodolphe Rodet, elle se distingue du frelon européen par « son dard plus long qui parvient à percer nos combinaisons. Elle est aussi beaucoup plus agressive. »
Selon Michel Gonny, le président de SyndicApicole 41 (NDLR, le syndicat des apiculteurs du département), le frelon asiatique a pris ses aises dans le Loir-et-Cher : « Tout le monde est touché ici, je ne connais pas un endroit qui soit épargné. »

La production de miel a été divisée par deux en 2013, mais de plus en plus de particuliers acquièrent des ruches.

Pour cet apiculteur basé à La Chaussée-Saint-Victor, la devise est sans ambiguïté : « Un bon frelon asiatique est un frelon mort ! » Cet été encore, il tente de lutter à son échelle contre la prolifération du nuisible : « Je vide chaque semaine des pièges que j’ai installés pour des ruches au-dessus de la bibliothèque de Blois. Je viens d’y retrouver 242 frelons ! Et les semaines précédentes, il y en avait une centaine. »
Pour un autre rucher, Michel Gonny est parvenu à détruire 80 frelons fondateurs de nids au printemps. Résultat : ses pièges ne contiennent qu’une quarantaine de frelons par semaine. Mais l’activité des abeilles reste impactée. En effet, ces dernières sont des mets particulièrement appréciées des envahisseurs. Michel Gonny raconte : « Les abeilles sont complètement stressées, elles n’osent plus sortir pour butiner. Elles parviennent juste à empêcher les frelons d’envahir la ruche. »
L’apiculteur est inquiet pour la future récolte : « Même si les critères comme la floraison et l’absence de pesticides sont plus déterminants, le frelon asiatique a quand même un impact sur la production. Je ne sais pas ce que ça va donner… » Au-delà de ce constat, Michel Gonny partage son impuissance : « Je ne fais que diminuer la pression, mais on n’a pas de solutions viables. Le principal problème est l’absence de prédateur naturel, comme pour toutes les espèces venant de l’étranger. Du coup, le frelon asiatique se répand très vite. »

LA CHAUSSEE APICULTEURS

Via son syndicat, qui compte 180 adhérents, Michel Gonny essaye d’agir avec le GDS (Groupement de défense sanitaire) et « espère trouver de bonnes solutions ».
Clément Lauer Loir-et-Cher

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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