Louer un véhicule sans rien débourser, c’est possible

Consommation collaborative – 28 août 2015
LuckyLoc propose à ses utilisateurs de rapatrier les véhicules des agences de location – leur permettant de rouler d’une ville à l’autre pour un euro symbolique. Une formule séduisante à condition de voyager à plusieurs ou de transporter des objets.
Capture d’écran 2015-08-26 à 08.55.55Capture d’écran © Blog LuckyLoc
Ruiné par vos vacances ? La prochaine fois, le site LuckyLoc vous fera peut-être économiser dans vos déplacements. Ce nouveau venu dans l’univers de l’auto-partage propose en effet des trajets entre toutes les villes de France pour… un euro !
Comment est-ce possible ? Vous cherchez une voiture pour vous rendre de Paris à Marseille. Un concessionnaire (Hertz, Europcar) a besoin de rapatrier un de ses véhicules parisiens vers la Cité phocéenne. LuckyLoc met en relation les deux parties, Résultat : vous disposez d’un véhicule pour votre trajet et le loueur évite de faire appel à un chauffeur professionnel.
De la Smart au camion
C’est lors d’un voyage en Nouvelle-Zélande que Claire Cano profite gratuitement d’un van, sur le même principe. De retour en France, elle décide d’importer le concept et cofonde LuckyLoc en 2012 avec Idris Hassim, un camarade d’HEC. Les loueurs de véhicules se montrent rapidement intéressés par le business model de leur plateforme. Le service qui leur est proposé leur permet en effet de faire plus de 50 % d’économies par rapport à un rapatriement classique.
Capture d’écran 2015-08-26 à 08.46.39Idris Hassim et Claire Cano © LuckyLoc
“On trouve aujourd’hui tout types de véhicules sur le site”, explique Idris Hassim. “De la Smart au 4×4 en passant par la Porche ou même les véhicules utilitaires pour ceux qui auraient un objet à déplacer”. Les utilisateurs ne devront d’ailleurs pas être effrayés de conduire des camions de 22m3 : en cette période estivale, ils représentent plus de la moitié des véhicules à louer ! À moins, encore mieux, qu’ils n’aient quelque chose à déménager avec.
Péage et essence à la charge du conducteur
Alors demain, des voitures gratuites partout en France ? Pas si sûr. D’abord, il faut pouvoir trouver un trajet qui corresponde à ses besoins. Le site a beau afficher une forte croissance et Idris, viser l’objectif de “15 000 trajets en 2015”, il est (encore) assez difficile de trouver son véhicule aux dates et destinations voulues comme sur une plateforme de covoiturage. Le mieux reste de consulter la liste des trajets disponibles (une cinquantaine à l’heure ou sont écrites ces lignes).
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Capture d’écran de la page d’accueil
Par ailleurs, si la location du véhicule est quasiment gratuite, le particulier doit néanmoins s’acquitter des frais d’essence et de péage. Un budget conséquent sur un Paris-Marseille, de l’ordre de 140 euros, soit plus cher qu’un train ou un covoiturage. Mieux vaut donc ne pas voyager seul et sans bagages pour que la solution proposée par Luckyloc soit intéressante financièrement. À noter que la plateforme propose un partenariat avec Blablacar pour embarquer des passagers sur le trajet et ainsi partager les frais.
Chauffeurs auto-entrepreneurs
“On est sur un marché encore vierge dont le potentiel est énorme, mais difficile à évaluer précisément”, juge Idris. « Il s’agit d’optimiser des déplacements ». Parmi les pistes de développement : les trajets des constructeurs qui livrent leurs véhicules directement chez leurs clients, se passant des agences automobiles. “Par exemple lorsque La Poste renouvelle sa flotte d’utilitaires”, illustre le cofondateur.
LuckyLoc s’appuie sur Expedicar, deuxième plateforme créée par Idris et Claire qui permet de faire déplacer son véhicule d’une ville à l’autre. Lorsqu’un particulier ou professionnel dépose une annonce sur Expedicar, elle est automatiquement proposée aux conducteurs de Luckyloc. “Si personne ne répond, on fait alors déplacer le véhicule par des chauffeurs professionnels sous le statut auto-entrepreneur”, détaille Idris.
D’ici à penser que les particuliers, qui doivent en plus payer l’essence, “remplacent” en réalité des chauffeurs qui eux sont normalement rémunérés… Il n’y a qu’un pas. Pour Idris, la situation des professionnels et des particuliers n’est cependant pas comparable. “Personne n’impose à un particulier de faire un trajet entre Paris et Marseille. Il le fait car cela répond à son besoin”.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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