Pourquoi l’agriculture productiviste se trompe

Plantes et Santé – septembre 2015 / Nature Plants – avril 2015
plantes-logoIdées reçues : Les preuves s’accumulent contre la monoculture, jugée comme une aberration écologique et économique. La récente étude PRAISE* (Inra/Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier) est à cet égard sans appel.
Après avoir cultivé 120 mini-parcelles pendant un an et demi, en diversifiant le nombre de plantes et la variété génétique des espèces, (certaines parcelles accueillant une plante, d’autres cinq), les chercheurs ont récolté, pesé et comparé leur production. Il en ressort clairement que les polycultures ont un meilleur rendement : de l’ordre de deux tonnes par hectares lorsque les cultures sont irriguées, et un écart de huit tonnes en cas de sécheresse !  
Autre enseignement : les rendements sont plus stables d’une année sur l’autre, lorsque la diversité génétique est préservée au sein d’une même espèce. Cet avantage comparatif de la biodiversité s’explique par un meilleur partage des ressources et une meilleure coopération entre plantes. Un phénomène d’autant plus crucial qu’on anticipe d’importantes baisses de rendement des monocultures à cause du réchauffement climatique.
Projet PRAISE : Amélioration génétique des PRAIries SEmées face aux aléas climatiques : valorisation de la diversité
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La biodiversité au service de l’humanité (FAO)

FAO-logo

V1430F10La biodiversité fournit la matière première, les combinaisons de gènes qui produisent les variétés de plantes et races d’animaux dont a besoin l’agriculture. Des milliers de variétés différentes et génétiquement uniques de plantes cultivées et de races d’animaux doivent leur existence à trois milliards d’années d’évolution biologique naturelle, et à une sélection et des soins judicieux par nos ancêtres agriculteurs et pasteurs sur une période de quelque 12 000 ans. Qu’elles soient utilisées dans des systèmes traditionnels d’exploitation agricole, pour des opérations de sélection de type conventionnel ou moderne, ou pour le génie génétique, les ressources zoo-et phytogénétiques revêtent une valeur inestimable pour l’ensemble de l’humanité. Avec l’érosion de la diversité génétique, notre capacité d’entretenir et améliore la productivité des cultures, des forêts et de l’élevage diminue parallèlement à notre faculté d’adaptation à l’évolution des circonstances. Les ressources génétiques sont la clé d’une plus grande sécurité alimentaire et d’une amélioration de la condition humaine.
La diversité génétique utilisée en agriculture-les plantes dont nous nous nourrissons et les espèces sauvages apparentées-est en train de se perdre à une vitesse alarmante. Tout juste neuf plantes cultivées (blé, riz, maïs, orge, sorgho/millet, pomme de terre, patate douce/igname, canne à sucre et soja) comptent pour plus de 75 pour cent dans la contribution du règne végétal à la satisfaction des besoins d’énergie humains. Aucune des cultures de base pratiquées dans le monde ne risque de disparaître. Pourtant, ces cultures sont, elles aussi, menacées-non de la perte d’une espèce particulière telle que le blé ou le riz, mais d’une perte de diversité au sein des espèces.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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