Radars mobiles : un outil efficace et passe-partout …

La Nouvelle République 05/09/2015
Depuis presque deux ans, l’escadron départemental de sécurité routière est doté de radars mobiles. Nous avons passé une matinée à bord de l’un d’eux.

RADAR MOBILE II

Tout le dispositif se situe à l’avant, derrière la plaque d’immatriculation. Un filtre empêche tout flash visible du véhicule contrôlé.
 Une voiture banale, celle de « Monsieur Tout le monde ». Enfin, presque. En s’approchant de plus près, on se rend compte que ce modèle de Mégane (1) n’est pas tout à fait comme les autres. A bord, pas moins de 70.000 € d’équipement et de technologie. Dans le coffre, tout d’abord : une batterie avec une autonomie de huit heures et un ordinateur. Mais aussi tout l’équipement pour assurer un contrôle en radar fixe. Sur la plage arrière, un GPS. Sur la console du tableau de bord, un cube noir qui assure la liaison électronique et un appareil photo. Et, derrière la plaque d’immatriculation, le radar à proprement parler.

RADAR MOBILE I

Doté d’un filtre UV, il permet au flash de se déclencher sans être vu. « Ce n’est pas visible à l’œil nu », explique l’adjudant-chef Heinen qui, ce matin-là, sera opérateur. A ses côtés, le gendarme Gonnet (tous les deux sont en tenue « gendarme ») est en charge de la conduite sur des routes du nord du département. Entre 150 et 200 km sont ainsi parcourus à chaque sortie, plusieurs fois par semaine. A Amboise, la brigade motorisée dispose d’un véhicule équipé aussi de la sorte, un Peugeot Partner, cette fois. L’an dernier, ce véhicule a émis entre 1.500 et 1.800 clichés.
Le radar flashe, donc. Et dans les deux sens puisqu’il est de deuxième génération. Que ce soit les véhicules qui nous doublent et ceux que nous croisons. Mais, attention, pas dans toutes les configurations ! Un terre-plein central et la mesure est impossible sur les véhicules croisés.
Au final, l’équipement de terrain mobile (ETM) se veut un outil « efficace, confirme l’adjudant-chef Heinen. C’est un bon complément et l’outil qui va nous permettre d’aller là où on ne peut pas se poser. »
Avec cependant, contrairement à ce que croient bon nombre d’automobilistes, une marge d’erreur « supérieure à celle du radar fixe. Il y a moins de risques de se faire verbaliser avec un radar mobile qu’avec un fixe » (2).
La voiture démarre. Quitte le parking du peloton motorisé de Chambray-lès-Tours et emprunte l’autoroute pour gagner la D 910. L’adjudant-chef Heinen active la tablette. Entre les données. Tout au long de notre mission, il devra anticiper les entrées et les sorties de communes, les ronds-points, les zones à 70 km/h, les zones à 30 km/h aussi pour changer les vitesses à partir de laquelle le radar mobile entrera en action.
Une marge d’erreur plus grande qu’avec un radar fixe
Une gymnastique qui demande de la concentration. Et de la réactivité. Sur la tablette, le nombre de véhicules contrôlés (3) augmente sitôt une voiture croisée. L’une d’entre elles fait se déclencher le radar. Implacable. Sur la tablette, s’affiche la photo du véhicule en infraction. De retour au peloton, tout sera transmis à Rennes qui fera partir la contravention d’ici quelques jours.
La voiture, qui respecte toutes les vitesses indiquées, emprunte ensuite la D 766. Un peu avant Beaumont-la-Ronce, une voiture est mesurée à 124 km/h au lieu de 90. « On cible les axes accidentogènes », poursuit l’adjudant-chef.
A quelques kilomètres de là, on croisera la voiture « Lapi » des gendarmes (Lecture automatisée des plaques d’immatriculation). Afin de vérifier si des voitures volées roulent.
Neuillé-Pont-Pierre, Château-la-Vallière, Gizeux, Bourgueil… Les communes défilent. Le nombre de vitesses mesurées ne cesse d’augmenter. A l’instant T, la tablette tactile enregistre 121 véhicules mesurés pour sept en infraction. Nous sommes à présent sur les bords de Loire. Ici, peu d’endroits sont propices, car pas assez sécurisés, à l’utilisation d’un radar fixe. L’ETM prend tout son sens.
Au bout de quatre heures, ce mardi-là, le radar mobile aura enregistré plus de 235 mesures… et 16 infractions.
 (1) Nous n’avons pas été autorisés à en divulguer le numéro d’immatriculation. (2) Sur des portions où la vitesse autorisée est inférieure à 100 km/h, la marge est de 10 km/h. Sur une portion où la vitesse est supérieure à 100 km/h, la marge est de 10 %. (3) A la différence des radars fixes nouvelle génération, le radar mobile ne fait pas la différence entre les véhicules légers et les poids lourds.
repères
> La France compte 4.125 radars dont 2.179 fixes, 712 radars feu rouge, 571 radars mobiles et 259 mobiles nouvelle génération cachés dans des voitures banalisées.
> Ce véhicule a produit, en 2014, entre 1.500 et 1.800 clichés.
> Dans les mois à venir, le département d’Indre-et-Loire devrait être doté d’un radar autonome, dit encore radar chantier, destiné à assurer un contrôle de vitesse dans les zones de travaux.
Ce radar, hybride entre le radar fixe et le radar mobile, conçu pour être déplacé et réinstallé en moins d’une heure, fonctionne sur batterie, sans opérateur. Il flashe dans les deux sens.

Nouveau radar mobile 010

Le nouveau radar camouflé derrière la plaque d’immatriculation du véhicule banalisé est invisible.
Vanina Le Gall
 Dans la voiture équipée d’un radar mobile, il y a le chauffeur et l’opérateur en charge de la tablette tactile qui comptabilise les mesures et délivre les contraventions

RADAR MOBILE III

Au retour de mission, les données sont transférées au centre de Rennes par voie informatique. Aucune modification n’est possible.
 Indre-et-Loire

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Police, Transport, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.