« Un gouvernement à la botte de la FNSEA » : l’autre son de cloche de la Confédération paysanne

Politis – 4 septembre 2015 –
La Confédération paysanne a dénoncé jeudi soir les mesures annoncées par le gouvernement pour désamorcer la mobilisation de la FNSEA.
L’aide supplémentaire de 3 milliards d’euros débloquée pour l’agriculture est selon lui synonyme de « mise sous perfusion d’un système périmé et destructeur où les exploitations doivent être de plus en plus grosses et avec de moins en moins de paysans ».
« Manuel Valls vient d’offrir l’argent demandé pour un véritable plan de licenciement des éleveurs », dénonce le syndicat. À revers du projet défendu par la FNSEA, la Confédération paysanne prône une « réorientation des aides » au service de la « régulation, relocalisation [et] mise en adéquation de la production avec la demande… ».
Une manifestation est prévue le 7 septembre avec la Coordination européenne Via Campesina, à 11 h devant le Conseil européen à Bruxelles.

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Décryptage du plan pour l’élevage : Trois milliards sans véritables solutions (Confédération paysanne
De nouvelles mesures ont été annoncées hier par Manuel Valls, sur commande de Xavier Beulin, patron de multinationale agro-alimentaire. Les milliers de paysans venus manifester à Paris n’ont d’ailleurs pas été dupes de ce tour de passe-passe qui ne sauvera que ce système qui les broie, pas eux. Décryptage.
– La « modernisation », sorte d’incantation permanente déconnectée des réalités, représente un tiers de ce plan : investir à tout prix, quels que soient les risques de surendettement et les conséquences sur l’emploi agricole et agro-alimentaire.
– On notera que cette partie du plan a été confiée à Pierre Pringuet, membre du Conseil d’administration du groupe Avril (ex-Sofiprotéol), et ancien président du comité Sully (cercle de promotion de l’industrie agro-alimentaire) dont il a transmis les manettes à Xavier Beulin en janvier.
– L’appel à des « prix rémunérateurs » n’est encore qu’une accumulation de vœux pieux sans mesure concrète qui permette réellement de faire remonter les prix.
– Allègements et baisses de charges ne sont que des mesures d’urgence dont il faut espérer qu’elles ne remettent pas en cause les mécanismes essentiels de solidarité sociale.
– Les mesures de désendettement sont utiles pour les trésoreries mais ne résolvent rien tant que le système et les pouvoirs publics encouragent encore à l’investissement comme c’est le cas ici. Il ne s’agit que de désendetter pour réendetter !
– Sans aller jusqu’au moratoire demandé, la simplification des normes environnementales est tout de même à l’ordre du jour. Même si la règlementation n’est pas toujours bien faite, il ne faudrait tout de même pas perdre de vue que la nature est le socle de travail des paysans et doit être préservée pour les générations à venir !
Il n’y a donc rien ici pour redonner un avenir aux paysans. Pour sortir les éleveurs de la crise, la balle est désormais entre les mains des ministres de l’Agriculture de l’Union européenne qui se réunissent lundi. Le relèvement des prix d’intervention est indispensable et pourrait être obtenu mais il doit s’accompagner de mesures de régulation, qui n’ont pas été évoquées hier…
La Confédération paysanne manifestera avec la Coordination européenne Via Campesina et aux côtés de l’European Milk Board devant le Conseil européen lundi à 11h. 

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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