Insolite – A pied sec sous la Loire : très rare, mais possible !

La Nouvelle République 08/09/2015

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En toute discrétion, la galerie technique installée sous le fleuve en 1988 permet le passage d’un homme debout. Lampe torche obligatoire !

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Les cheminées d’accès sont la seule trace visible (et parfaitement sécurisée) de la galerie technique sous la Loire
La Loire a beau être basse au point de donner envie de la traverser à gué, il existe un autre moyen de la franchir à pied sec : par en-dessous ! « On marche un peu courbé et les pieds écartés pour garder l’équilibre sur un sol en cuvette » explique Sébastien Praud, d’Agglopolys, qui a réalisé cette expérience peu commune. « La lampe torche est obligatoire et la claustrophobie déconseillée. Il fait frais comme dans une cave, mais sans eau stagnante. Aucune trace de rongeurs, ni d’insectes. On respire sans problème car la galerie se ventile en permanence par les cheminées d’accès. Mais par prudence, on est quand même équipé d’un détecteur de gaz ».
La galerie dont il parle a été construite en 1988 à l’initiative de la ville de Blois pour transférer de la rive droite à la rive gauche les eaux usées à destination de la nouvelle station d’épuration. Elle reçoit aussi une canalisation d’eau potable pour sécuriser l’alimentation de Vienne, auparavant assurée par une seule conduite enfouie dans le pont Jacques-Gabriel. Localisée un peu en aval de l’actuel pont François-Mitterrand (qui n’existait pas à l’époque) elle est totalement insoupçonnable dans le paysage, sauf les deux cheminées d’accès de part et d’autre du fleuve, discrètes et solidement sécurisées.

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Coup d’œil dans la galerie. Insolite, mais pas franchement enchanteur !
Surveillance à distance
C’est par là qu’y pénètrent les agents chargés des opérations de contrôle de l’ouvrage, plutôt rares puisque programmées environ tous les cinq ans. « Aucune infiltration n’a jamais été décelée : c’est du beau travail ! » Quant à intervenir sur une fuite ou rupture des canalisations qui l’empruntent, le cas ne s’est produit qu’une fois, en 2011. Et il faisait suite à l’installation d’un débitmètre dont les joints ont subi quelques défaillances. « Toute anomalie est signalée par un système de surveillance à distance. Si une intervention humaine se révèle nécessaire, une lourde procédure s’engage : il faut interrompre toute circulation des eaux dans les conduites, ce qui veut dire, stocker les effluents qui arrivent en rive droite dans le bassin d’orage de l’ancienne station. Sa capacité obligerait à limiter la durée de l’intervention à six ou sept heures » expose Tanguy Valois, responsable de l’agence Véolia, gestionnaire du réseau d’assainissement.
Le mystérieux souterrain sous la Loire ne voit donc pas passer beaucoup de monde. C’est plutôt bon signe : si on n’y descend pas, c’est qu’il remplit son office. Et les rares agents qui ont eu l’occasion de le parcourir d’un bout à l’autre avouent ne pas en garder un souvenir enchanteur.
Mais qui sait ? Si dans un avenir imprévisible, une ligne de démarcation venait à être établie sur la Loire, on disposerait d’un moyen malin pour passer d’une rive à l’autre à la barbe de l’occupant !
Jean-Louis Boissonneau
Loir-et-Cher – Blois

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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