Algérie : vers une vaste mue du renseignement ?

Le Monde 15/09/2015
algérieimagesCela ressemble fort à la fin d’une époque. Dans un communiqué au ton laconique et sans chaleur, la présidence algérienne a annoncé dimanche avoir « mis fin (…) aux fonctions de chef du département du renseignement et de la sécurité (DRS), exercées par le général de corps d’armée, Mohamed Mediène, admis à la retraite ».
Une première pour les services de renseignement militaires qui, d’ordinaire, privilégient une absolue discrétion sur tout remaniement interne, observent Le Soir d’Algérie et El Watan. Agé de 76 ans, Mohamed Mediène, alias « Toufik », dirigeait le DRS depuis vingt-cinq ans. Au cours de cette période, il avait acquis une réputation non usurpée de « faiseur de rois », même si « ses choix ont toujours été inspirés, non par le souci de sauver l’Algérie, mais par celui de la pérennisation du système », déplore Le Quotidien d’Oran. Il sera remplacé à son poste par le général Athmane Tartag, dit « Bachir », qui, jusqu’alors, officiait comme conseiller auprès du président Abdelaziz Bouteflika après avoir été numéro deux du DRS (El Moudjahid).
Comment interpréter le départ de celui que d’aucuns surnommaient « l’homme sans visage » tant il se plaisait à cultiver sa part de mystère ? Pour L’Expression, il s’inscrit dans le cadre d’une « mue » qui reflète l’adaptation des services au nouveau contexte régional et international.
Liberté Algérie ne souscrit pas à cette analyse, estimant que, si une page se tourne, rien ne laisse augurer un cheminement plus rapide vers la démocratie et la transparence. El Watan abonde dans ce sens et s’inquiète de « l’inflation des limogeages et des nominations dans les institutions sensibles », qui ne peut « qu’alourdir un climat général dominé par la sinistrose ». Un tableau noir qui fait dire au quotidien, à regret, que l’Etat civil – dans lequel le politique primerait le militaire – n’est pas pour demain…

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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