Au Portugal, un scrutin marqué par l’austérité

Ne pas suivre les pas des Grecs. Cela devrait être l’une des premières motivations des électeurs portugais, dimanche, à l’heure de renouveler leur Parlement.
Le pays vient de traverser une cure de rigueur inédite. Si le chômage a diminué (à 12 %, après un pic à 17,5 %), près d’un Portugais sur cinq vit toujours sous le seuil de pauvreté. Mais ici, ces sacrifices n’ont pas donné naissance à un parti antiaustérité à même de provoquer un séisme politique. La course devrait être serrée entre la coalition sortante de droite et l’opposition socialiste. « Ce scrutin s’annonce comme un non-événement pour les créanciers du pays et les institutions européennes », juge La Tribune.
La crise grecque, suivie de près par les Portugais, pourrait « donner un coup de pouce électoral à la majorité de droite », ajoute la Tribune de Genève. Si les débats préélectoraux autour de l’austérité n’ont pas été « sexy », les candidats au poste de premier ministre, eux, le sont, pointe Politico : les Portugais vont choisir entre 16 partis dont les leaders incluent « le plus beau premier ministre d’Europe, une ancienne comédienne d’avant-garde et une psychologue qui a posé nue et enceinte dans des magazines ».
S’ils ne sont pas candidats, deux électeurs seront aussi observés. José Socrates, ancien premier ministre socialiste, et Ricardo Espirito Santo Salgado, ancien banquier, accusés de corruption ou détournement de fonds, iront voter sous escorte policière. Y aura-t-il un « effet Socrates », dommageable pour son ancien allié, le leader socialiste Antonio Costa ? Plus de la moitié des électeurs y croit, souligne le Financial Times.
Le pays pourrait surtout enregistrer une abstention record et battre le chiffre de 2011 (41,9 %), explique Bloomberg. Facteur aggravant, les trois équipes de football les plus populaires du pays jouent dimanche, menaçant de détourner encore un peu plus les électeurs de leur devoir civique.
Le Monde 02/10/2015
Marche contre l’austérité, à Lisbonne, le jeudi 27 février 2014, à l’appel de la CGTP REUTERS/Hugo Correia

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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