Au Canada, « l’ère Harper » touche-t-elle à sa fin ?

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Le Monde 19/10/2015
Longévité et popularité ne vont pas toujours de pair en politique. Alors qu’il s’apprête à briguer un nouveau mandat de premier ministre, ce lundi, après neuf ans et demi passés à la tête du gouvernement canadien, Stephen Harper, 56 ans, ne jouit plus de la même aura coruscante qu’à ses débuts. Au point que The Guardian s’interroge : le vent de fronde qui s’est levé contre le dirigeant conservateur portera-t-il au pouvoir son adversaire libéral, Justin Trudeau, 43 ans, comme les sondages le suggèrent ?
A travers le pays, que le National Post a sillonné dans le cadre de ces élections fédérales, l’ire des Canadiens vis-à-vis du mode de gouvernance rigide et hiératique de M. Harper est manifeste. « Politique étrangère belliqueuse », « incurie environnementale », « loi discriminatoire en matière de citoyenneté », « justice revancharde » : pour Manon Cornellier, du Devoir, la liste des griefs est longue.
D’aucuns accusent aussi le premier ministre sortant d’avoir instrumentalisé la question du voile ; une stratégie du « diviser pour mieux régner » qui s’est retournée contre lui. The Toronto Star est de ceux-là. De ce maelström de critiques émergent cependant des voix discordantes, comme celle de Margaret Wente, du Globe and Mail, pour qui le bilan de M. Harper ne mérite pas d’être mis entièrement au rebut. Et de citer sa « bonne gestion économique », son soutien à la classe moyenne ou encore sa « politique d’immigration généreuse ».
Dans un contexte économique difficile, le Calgary Herald plaide pour le maintien à la barre d’un capitaine qui a fait ses preuves. Sa mise à l’écart signerait en effet un saut dans l’inconnu, estime The Economist. Car, malgré son « charisme », qui lui a valu une surprenante ascension, Justin Trudeau est inexpérimenté. Quant au troisième impétrant, Thomas Mulcair, il dirige une formation – le Nouveau Parti démocratique (centre gauche) – qui n’a encore jamais tenu les rênes du pays…

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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