Éradiquer la faim dans le monde avec 0,3 % du PIB mondial

REVOLUTION N°2 –  Journal optimiste et bienveillant de lutte contre l’idiocratie mondialisée – Bimestriel octobre-novembre 2015 – Christian Radziun –
Un effort mondial, un élan collectif de solidarité, c’est tout ce qu’il faut pour parvenir à enrayer la faim dans le monde d’ici 2030. « Au prix d’un investissement de 267 milliards de dollars (239  milliards d’euros) par an pendant les quinze prochaines années, il est possible d’éliminer la faim dans le monde d’ici 2030, estime l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans un rapport présenté vendredi 10 juillet », rapporte Le Monde. Cela équivaut à débourser 160 dollars de plus par an pour chaque personne vivant dans l’extrême pauvreté plutôt que d’attendre que les plus vulnérables transforment la Méditerranée en un vaste cimetière, a déclaré en substance Zeid Ra’ad Al Hussein, haut commissaire de l’ONU aux Droits de l’Homme.
TL-DEV-faimAlors qu’aujourd’hui près de 800 millions de personnes sont encore en proie à la faim dans le monde, le deuxième des objectifs de développement durable (ODD) qui doivent être adoptés cette année par la communauté internationale vise l’éradication totale de la sous-alimentation chronique d’ici à 2030. Or, « si nous maintenons le statut quo, nous aurons encore en 2030 plus de 650 millions de personnes souffrant de la faim. Le message est clair », a déclaré José Graziano Da Silva, directeur général de la FAO, en présentant à Rome ce rapport élaboré avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds international pour le développement agricole (FIDA). « Deux cent soixante-sept milliards de dollars, c’est plus ou moins 0,3 % du PIB mondial : le prix à payer pour éradiquer la faim chronique est relativement bas », a-t-il insisté à trois jours de la troisième conférence internationale sur le financement en faveur du développement qui doit se tenir du 13 au 16 juillet à Addis-Abeba (Éthiopie). 
Selon le document rédigé par la FAO, le Programme alimentaire mondial (PM) et le Fonds international pour le développement agricole (FIDA), les 267 milliards de dollars en question doivent prendre la forme de fonds débloqués « afin d’éliminer la faim dans l’immédiat« , selon La Tribune. Il préconise des investissements accompagnés de mesures de protection sociale, aussi bien en milieu rural qu’urbain. Dans le détail, la protection sociale coûterait 116 milliards par an, et 151 milliards de dollars seraient destinés aux investissements en faveur des pauvres (105 milliards pour le développement rural et l’agriculture et 46 milliards pour les zones urbaines), selon le rapport.
Il s’agirait, en suivant ces préconisations, d’amener les personnes les plus vulnérables au-dessus du seuil de pauvreté qui est de 1,25 dollar par jour et par personne. Comme il vaut toujours mieux enseigner à pêcher plutôt que de donner du poisson, le but de ces investissements serait aussi d’aider à construire les conditions d’une activité rémunératrice et durable. « Éradiquer la pauvreté, la faim et la malnutrition est possible, à condition qu’une volonté politique forte existe », souligne l’ONU. Et c’est bien là que le bât blesse. Qui impulsera cette « volonté politique » ? L’ONU elle-même ? Après tout, c’est bien joli de pondre des rapports optimistes de la sorte, mais qu’est-ce qu’on en fait ? 
la_faim_dans_le_mondeDevons-nous compter sur les nations puissantes du G20 pour se décider à agir et à consacrer ces 0,3 % du PIB mondial à ce beau projet ? Si tel est le cas, ce n’est pas demain la veille que l’on éradiquera les famines. D’ailleurs, les plus puissants ont-ils réellement envie d’enrayer la faim ? Ces milliards de personnes dans la misère, c’est finalement autant d’êtres humains qui ne bronchent pas et crèvent en silence dans leur coin de planète. Remarquez, s’ils n’avaient pas faim, peut-être pourraient-ils se mettre à consommer et à rapporter des devises, ces pauvres en question ? Voilà ce qu’il faut dire aux puissants, qu’éradiquer la faim dans le monde pourrait les enrichir. Mine de rien, ça pourrait impulser une « volonté politique » !    

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