Des Funérailles Éco Responsables, c’est possible ! Comment Organiser Des Funérailles Vertes

DonACFF (Coopérative Funéraire française à caractère laïque) – 1er octobre 2015-
L’organisation de funérailles plus douces pour l’environnement est un concept qui vise à diminuer notre impact sur l’environnement. Un des principes fondamentaux de la pensée environnementale est d’éliminer les substances toxiques et de retourner à l’écosystème par décomposition de la matière.
Les funérailles, les rituels funéraires doivent être le reflet de la vie d’une personne. Nos amours, nos passions, nos réalisations et toutes les particularités qui font de nous des êtres uniques voulant laisser une empreinte cohérente avec nos croyances, nos valeurs. Nos funérailles devraient donc refléter la façon dont nous avons vécu notre vie.
Crémation ou inhumation ?
Il est difficile de comparer les performances environnementales de l’inhumation et de la crémation, puisque celles-ci sont concentrées sur des impacts différents. Alors que l’inhumation a des impacts plus importants sur la santé humaine et la qualité des écosystèmes, la crémation utilise des ressources et accentue les changements climatiques et la pollution de l’air.
Par contre, l’inhumation possède un plus grand potentiel de réduction, alors que la crémation est fortement dépendante des technologies. Un changement vers des lois plus strictes d’émissions atmosphériques pourrait par contre considérablement réduire l’impact environnemental de la crémation et en faire le choix le plus écologique, ce qui est déjà le cas dans plusieurs pays européens.
IMG_2482Les impacts environnementaux de l’inhumation proviennent principalement du processus naturel de décomposition du corps humain et de la fabrication de la pierre tombale. Au niveau de la décomposition du corps, le mercure solide est responsable de plus de 95 % de l’impact de la décomposition du corps. En effet, le mercure est souvent présent dans les alliages dentaires. Cet élément peut contaminer le sol et atteindre les nappes phréatiques. Au niveau de la fabrication de la pierre tombale, les impacts sont dus à l’énergie nécessaire pour l’extraction, la découpe et le transport, ainsi qu’à l’émission de particules inorganiques ayant des impacts sur la respiration des travailleurs. La fabrication du cercueil et le transport de la dépouille ont aussi des impacts, mais ils sont moins importants que ceux mentionnés ci- dessus.      Potentiel de réduction  Peu d’actions peuvent être entreprises pour diminuer les créés par la décomposition de la dépouille elle-même. Cela dit, à long terme, la modification de la composition des alliages dentaires afin d’en éliminer le mercure pourrait être une option. Le potentiel de réduction réel se trouve donc dans la diminution de la taille de la pierre tombale et la simplification du cercueil.
Les impacts environnementaux de la crémation se situent principalement au niveau de l’utilisation du gaz naturel pour le fonctionnement du four ainsi qu’au niveau de la combustion du corps lui-même. Effectivement, la majorité des crématorium utilisent le gaz naturel comme source d’énergie, et celui-ci n’est pas renouvelable. Les impacts sont dus à l’énergie requise pour l’extraire, le transformer et le transporter. Les impacts au niveau de la combustion du corps sont dus aux rejets atmosphériques des fours crématoires.
En effet, une large quantité de CO2, de furanes, de dioxydes et de mercure est émise pendant le processus, contribuant au phénomène d’effet de serre et augmentant la pollution atmosphérique.  Potentiel de réduction   Sachant que la majorité des impacts environnementaux proviennent de l’utilisation du gaz naturel et du procédé de crémation du corps lui-même, le potentiel de réduction pour l’utilisateur est beaucoup plus faible pour ce mode de disposition. Tout de même, ici aussi, l’absence de mercure dans les alliages dentaires est à considérer.
Les impacts environnementaux des moyens de conservation :
Les soins de thanatopraxie ou embaumement
Le but premier de la thanatopraxie est la conservation du corps à un état stable dans une température ambiante, en ralentissant la prolifération des bactéries et la décomposition. Le procédé consiste à injecter des produits chimiques dans le corps, qui s’infiltrent alors dans les muscles et tissus et remplacent le sang. Par la suite, le corps est désinfecté, lavé, habillé, coiffé et maquillé, puis mis en bière et exposé.
Au niveau environnemental, cette pratique entraîne des conséquences évidentes : un corps contenant des produits chimiques de synthèse est évidemment plus dommageable pour le sol (inhumation) ou l’air (crémation).
Potentiel de réduction
Lors d’un embaumement traditionnel, le produit utilisé en plus grande quantité est le formaldéhyde. C’est aussi celui qui est considéré le plus toxique, même s’il n’est pas utilisé à l’état pur, mais bien dans des solutions diluées dont la concentration varie entre 2 et 30 %. En général, ce sont entre 150 et 530 grammes de formaldéhyde qui sont utilisés par dépouille embaumée, avec une médiane autour de 250 grammes.
Ces quantités sont minimes comparées à certains secteurs industriels, mais il demeure important de réduire l’utilisation du formaldéhyde. Toutefois, de nouveaux produits d’embaumement, qui ont moins d’impacts environnementaux, sont de plus en plus disponibles. À terme, il deviendra possible d’éliminer l’utilisation du formaldéhyde dans la thanatopraxie.
Les procédés par le froid
L’emploi de la glace carbonique (carboglace)
Cette technique traditionnelle est la plus utilisée et la plus écologique pour la conservation au domicile. Le résultat est parfait dans 90 % des cas. Mise en place de glace carbonique sur différentes parties du corps qui gèle à son contact (sa température restituée est de -78 degrés).
L’utilisation d’équipements réfrigérants
Chambre mortuaire ou funéraire : Les corps sont conservés dans des cases réfrigérées. Des lits ou des rampes réfrigérantes peuvent être proposés à la location si le corps reste au domicile familial ou dans une maison de retraite.
Les impacts environnementaux du cercueil
En France, le cercueil est obligatoire dans le cas d’une crémation ou d’une inhumation. Les cercueils sont habituellement faits de bois. Les principaux impacts du cercueil proviennent de sa fabrication, de son transport et de sa décomposition. En effet, un cercueil complexe (contenant souvent des tissus synthétiques et des métaux) laisse sa trace dans le sol, puisque ces matériaux sont peu biodégradables.
Potentiel de réduction
Des cercueils plus écologiques sont disponibles sur le marché : composés de bois recyclé, de cellulose, certifié FSC et composés de tissus organiques, ils sont totalement biodégradables et diminuent radicalement les conséquences négatives du cercueil sur l’environnement. Le cercueil en cellulose accompagné d’un cercueil de prêt pour la cérémonie est une bonne façon de réduire les impacts environnementaux, puisque le cercueil pourra être réutilisé à plusieurs reprises, diminuant ainsi grandement l’impact global.
Les impacts environnementaux de l’urne
Étant plus petites que les cercueils, les urnes ont un impact environnemental inférieur. Par contre, elles sont elles aussi souvent composées de métaux, qui sont peu biodégradables et consomment beaucoup d’énergie lors de l’extraction et la fabrication. Alors que la majorité des urnes sont inhumées, certaines sont plutôt exposées dans un columbarium pour une période prédéterminée. Cette option rajoute comme impact l’entretien et la construction des lieux d’entreposage, ce qui apporte son lot de dépenses énergétiques et de déchets.
Potentiel de réduction
Des urnes écologiques sont disponibles sur le marché. Composées principalement de bois recyclé, elles sont totalement biodégradables et diminuent les conséquences négatives de l’urne sur l’environnement.
Cérémonie de commémoration
La cérémonie en tant que telle a peu d’impact sur l’environnement ; ce sont plutôt les activités connexes qui lui sont reliées qui jouent un rôle important. Qu’elle soit religieuse ou pas, la cérémonie demande automatiquement un transport important des participants, ce qui crée une grande utilisation de ressources et une forte émission de gaz à effet de serre.
Aussi, elle est souvent précédée d’une publicité dans les journaux, dont l’impact est souvent oublié. Finalement, suite à la cérémonie, une réception est souvent organisée. Celle-ci inclut habituellement un moment de convivialité où un vin d’honneur est servi et dont les accessoires sont jetables, entraînant ainsi une forte production de déchets.
Potentiel de réduction
Le potentiel de réduction de l’impact environnemental de la cérémonie est particulièrement important. Dès le départ, il est possible de remplacer les publicités dans les journaux et les notices nécrologiques par la version virtuelle, effectuée sur internet et via courriel, réduisant ainsi la consommation de papier. Par la suite, pour diminuer le nombre de voitures utilisées pour le transport vers la cérémonie, une attention particulière peut être mise sur le covoiturage ou, dans les centres urbains, l’utilisation du transport en commun. Finalement, lors d’un éventuel vin d’honneur il serait préférable d’utiliser de la vaisselle et des ustensiles réutilisables, des aliments biologiques et locaux ainsi que de trier les déchets, par exemple en effectuant du compostage. Il est également possible de mettre en place des programmes de compensation de l’émission des gaz à effet de serre.
En conclusion, que signifie des funérailles plus éco-responsables ?
– Un corps naturel, aucune technique de conservation chimique ou en remplaçant le formaldéhyde par des substances ayant peu d’impact sur l’environnement;
– Les vêtements du défunt principalement constituées de fibres naturelles
– Le placement dans un cercueil en bois PEFC non traité ou en cellulose biodégradable
– Dans le cas d’une crémation l’utilisation d’une urne biodégradable
– Un enterrement en pleine terre (urne ou cercueil) ou une dispersion des cendres (crémation)
– Aucune tombe en granit, ni revêtement en béton ou de caveau
– Un cimetière vert est généralement rehaussée par des graminées indigènes, des arbres et arbustes
– Emplacements préservés comme espaces verts pour les générations futures puissent en profiter

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