« Sommet du millénaire » : Les États membres de l’ONU ont adopté un nouveau programme de développement audacieux

Actualités de l’ONU – septembre/octobre 2015 –
Après des années d’intenses négociations, l’ONU a adopté son programme de développement durable

643590Sustainable

Avant le Sommet sur le développement durable, un film célébrant le 70ème anniversaire de l’ONU et les objectifs de développement a été projeté sur les bâtiments de l’Organisation à New York.Photo ONU/Cia Pak
Comment pouvons-nous apprendre du passé plutôt que de s’y accrocher; vivre encore la réalité de l’instant présent tout en se concentrant sur l’avenir ? Reconnaître le déroulement des voies divergentes du futur n’est pas simple non plus. Nous aurons devant nous une route en bitume si nous continuons à faire ce que nous avons toujours fait et ne changeons pas; ou le sentier d’action, moins fréquenté pour un changement positif ; ou encore un sentier envahi de rêves et d’illusions. Même si nous passons outre la brume des ordres du jour, intérêts et exigences contradictoires personnels et mondiaux, il faut une grande habileté pour discerner le besoin réel, puis définir l’intention, répondre à l’appel à l’action, tout en restant ouvert au changement. Comme dit le proverbe « quand les faits changent, je change d’avis ». Tel est le défi face auquel se trouve l’humanité: changer d’avis, d’action et de direction à la lumière de faits nouveaux plutôt que de s’accrocher au passé et ignorer l’avenir.
Ceci est aussi le défi des Objectifs du Millénaire et du mouvement croissant en faveur du développement durable. La durabilité en elle-même est un concept intéressant – une de ses nombreuses définitions en est : «une aptitude ou la capacité de quelque chose à être maintenue ou à se maintenir par elle-même». Alors, comment le «mouvement» s’intègre-t-il dans le maintien ? Il pourrait aider à voir en premier ce que sont les objectifs initiaux du Sommet du Millénaire, et le contexte entourant cet événement important.
Le Sommet est arrivé après une période de conférences d’envergure des Nations Unies explorant des thèmes aussi divers que les femmes, la population et l’environnement tout au long des années 90. Avant le Sommet du Millénaire, il y a eu une période de consultation de deux ans pour explorer les principaux enjeux mondiaux tels les Droits Humains, la pauvreté et l’environnement. On a historiquement examiné les «problèmes mondiaux», la fixation d’objectifs, dont certains atteints, d’autres pas; mais la date symbolique du deuxième millénaire devait être le signal d’un changement d’attitude et de l’apport d’une énergie renouvelée face aux problèmes existants. La tâche incroyable était d’identifier les vrais problèmes, de fixer des objectifs, et d’y répondre; puis, espérons-le, le monde serait meilleur. Toute personne, qui a vraiment songé à ces questions, sera consciente de la façon dont elles sont inextricablement liées les unes aux autres.
Déclaration du Millénaire
Lors du Sommet de 2000, les dirigeants mondiaux ont approuvé et adopté la Déclaration du Millénaire des Nations Unies. Tolérance et solidarité devaient être encouragées, tout en affirmant que chaque individu avait le droit à la dignité, la liberté, l’égalité, et un niveau de vie de base à l’ abri de la faim et de la violence. La tâche alors encore plus difficile était à venir, rendre ces droits réalisables.
Bien sûr, dans le but d’atteindre et de jouir de ces droits, certains des grands problèmes mondiaux devraient être d’abord correctement identifiés, puis abordés et traités. On a critiqué les buts et objectifs fixés, mais scinder la situation mondiale en zones gérables ne sera jamais facile. Compte tenu de la complexité des questions, du nombre de peuples, de langues et cultures concernées, des différents points de départ et de la forte disparité de richesse économique, ce ne serait pas un projet facile pour une nation individuelle et encore moins pour le monde entier des nations. Donc, il est sage de cesser de juger les moindres détails et de le considérer comme un point de départ et un travail en cours.

La Secrétaire générale adjointe à l’information, Cristina Gallach (à gauche) et la Conseillère spéciale sur la planification du développement post-2015, Amina J. Mohammed, lors d’une conférence de presse. Photo ONU/Amanda Voisard
Buts
Ainsi, huit Objectifs du Millénaire pour le Développement international (OMD) ont été identifiés à la suite du Sommet du Millénaire des Nations Unies en 2000 :
Éradiquer l’extrême pauvreté et la faim /Réaliser l’éducation primaire universelle / Promouvoir l’égalité des sexes /  Réduire la mortalité infantile / Améliorer la santé maternelle /Combattre le VIH / sida, le paludisme et autres maladies / Assurer la durabilité de l’environnement /Développer un partenariat mondial pour le développement.
Sur le plan financier, en 2005, les ministres des Finances du G8 ont convenu de fournir des fonds pour annuler jusqu’à 55 Billions de $ dus par les pays les plus pauvres endettés. Il existe un débat controversé pour distinguer combien d’argent est dirigé aux besoins immédiats et combien aux besoins de développement. Nous devons aussi tenir compte que, tout comme il y a une grande variation dans les cultures économiques, politiques et sociales à travers le monde, il y a aussi un grand écart spirituel en termes de compréhension et de pratique. Ces facteurs en eux-mêmes peuvent avoir une influence majeure sur comment et où sont distribués l’argent, les ressources et l’énergie, et sur les droits et libertés dont jouit la population. Par exemple, l’argent dirigé vers des armes et du matériel militaire répressif considérés comme «indispensables» par un pays peut être estimé par un autre comme un gaspillage de ressources précieuses et une exploitation des Droits Humains. Qui plus est, il y aura souvent une différence entre les points de vue de la majorité des gens de tous les pays et ceux des politiciens et des entreprises.
Les 17 Objectifs de développement durable (ODD) du Programme de développement durable à l’horizon 2030 de l’ONU. Photo : ONU/Project Everyone
25 septembre 2015 – Un nouveau programme mondial audacieux pour éradiquer la pauvreté d’ici à 2030 et poursuivre un avenir durable a été adopté  à l’unanimité par les 193 États membres des Nations Unies.
« Nous embarquons ensemble sur la voie du développement durable, pour nous consacrer collectivement à la poursuite du développement mondial et d’une coopération mutuellement bénéfique, susceptible d’apporter d’énormes gains à tous les pays et toutes les régions du monde », affirme la Déclaration adoptée par les États membres.
Des dizaines de dirigeants mondiaux étaient présents vendredi dans l’enceinte de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, pour participer au Sommet des Nations Unies sur le développement durable, qui se déroulera jusqu’au 27 septembre et s’est ouvert avec cette adoption formelle d’un nouveau programme de développement pour les 15 prochaines années.
« L’adoption historique du nouveau Programme de développement durable, qui s’appuie sur 17 objectifs globaux, a été accueillie par une ovation de la part des délégations, qui comprenaient un grand nombre des plus de 150 dirigeants mondiaux amenés à s’exprimer dans le cadre du Sommet », s’est félicité un porte-parole des Nations Unies dans un communiqué de presse.
Intitulé « Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 », le programme comporte 17 Objectifs de développement durable (ODD), conçus pour parachever d’ici à 2030 les efforts entamés dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Ces derniers avaient été lancés en 2000 en vue notamment d’éradiquer l’extrême pauvreté dans le monde d’ici 2015.
« Ce nouveau Programme est une promesse faite par les dirigeants aux gens du monde entier. C’est une vision universelle, intégrée et transformative pour un monde meilleur », a salué le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans un discours prononcé à l’ouverture du Sommet.
A bien des égards, en effet, les 17 ODD et leurs 169 cibles ont une portée plus large que les 8 OMD et leurs 21 cibles. Là où ces derniers étaient centrés principalement sur des thématiques sociales, les ODD couvrent l’ensemble des dimensions du développement durable, à savoir la croissance économique, l’intégration sociale et la protection de l’environnement.
Du point de vue géographique, les OMD ciblaient essentiellement les pays en développement, en particulier les plus pauvres, alors que les ODD seront applicables aussi bien aux pays riches qu’aux pays pauvres. Le premier d’entre eux, par exemple, l’ODD N°1, se propose d’éradiquer la pauvreté sous toute ses formes, et non pas seulement l’extrême pauvreté.
« C’est un Programme pour les gens, pour mettre fin à la pauvreté sous toutes ses formes », a ajouté le chef de l’ONU, tout en avertissant que le véritable test de l’engagement des États envers ce Programme à l’horizon 2030 sera sa mise en œuvre.
« Nous devons agir, tous et partout ; ces 17 Objectifs de développement durable sont notre guide, une liste de tâches pour les gens et la planète, et un modèle de réussite », a déclaré Ban Ki-moon.
L’adoption officielle du Programme est intervenue peu après que le Pape François, chef de l’Église catholique, s’est adressé à l’Assemblée générale.
« L’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030 au Sommet mondial, qui commencera aujourd’hui même, est un signe important d’espoir », a déclaré le souverain pontife, dont il s’agissait de la première visite au siège de l’ONU, avant de céder la place aux stars de la chanson Shakira et Angélique Kidjo pour un court concert dans l’enceinte de l’Assemblée, suivi de d’un message d’espoir adressé par la lauréate du prix Nobel de la paix, Malala Yousafzai.
Également présent à l’ouverture du Sommet, le Président de l’Assemblée générale, Mogens Lykketoft, a qualifié le Programme de développement durable à l’horizon 2030 d’« ambitieux » dans sa lutte contre les injustices, la pauvreté, la marginalisation et la discrimination.
« Nous reconnaissons la nécessité de réduire les inégalités et de protéger notre maison commune en changeant les modes non durables de consommation et de production. Et, nous identifions le besoin impérieux de s’attaquer à la politique de division, la corruption et l’irresponsabilité qui alimentent les conflits et freinent le développement », a déclaré M. Lykketoft.
La cérémonie d’adoption était présidée par le Premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen et le Président ougandais Yoweri Kaguta Museveni. Tous deux ont souligné les succès des OMD et la nécessité de mettre en œuvre ce nouveau programme de manière complète.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article, publié dans Droit de l'humain, International, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.