Des enfants premières victimes des nanoparticules

Charlie Hebdo – 04/11/2015 – Fabrice Nicolino –
Ce n’est qu’un début : une étude scientifique démontre que les poumons des gosses asthmatiques sont farcis aux nanotubes de carbone. Ces nouvelles fantaisies vivent dans un monde lointain, où l’on compte en millionièmes de millimètres. C’est grave ? Penses-tu : seulement angoissant.

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Cette nouvelle est charmante, d’autant qu’elle concerne, pour commencer, des gosses qui n’en demandaient sans doute pas autant. Une équipe scientifique franc-américaine vient de regarder de très près les poumons de 69 enfants parisiens asthmatiques (Anthropogenic Carbon Nanotubes Found in the Airways of Parisian Children)et a trouvé dans tous les échantillons de nanotubes de carbone. C’est une première, ce n’est sûrement pas la dernière.
Il y a quarante ans, on ne faisait que soupçonner l’existence d’assemblages d’atomes de taille nanométrique. puis sont venus le microscope à effet tunnel et le microscope à force atomique, qui ont révélé un monde existant à l’échelle du millionième de millimètre. C’est alors que l’on a commencé à bien s’amuser, car bricoler les atomes est devenu un jeu de société. Les matériaux nanométriques sont des petits malins qui acquièrent de nouvelles propriétés – chimiques, physiques, biologiques – par la grâce de leur taille ridicule. Par exemple quantiques. Les connaît-on bien ? Bien sûr que non : où serait sinon l’adrénaline du chercheur ?
Le tout-cancérigène
Revenons-en à l’étude. D’où nous arrivent ces nanotubes de carbone ? On ne sait pas avec certitude. Ils ressemblent fort à ceux qu’on peut trouver dans le pot d’échappement des voitures, et si tel devait être le cas, ce serait déjà un grand souci. Pourquoi ? Parce que leur taille leur permet de passer pratiquement n’importe où. En franchissant par exemple la barrière hémato-encéphalique, qu’on croyait pourtant à l’abri. Non seulement ces nanotubes peuvent endommager l’ADN  des humains, mais aussi, selon des travaux sérieux (voir notamment ceux du National Institute for Occupational Safety and Health, en mars 2013), être des « promoteurs » du cancer, ce qui ravira les parents des jeunes asthmatiques.
A la vérité, le coup est parti depuis longtemps déjà. Les amoureux des nanotechnologies ont tiré parti des controverses passées – sur les OGM par exemple – et ont procédé dans une discrétion exemplaire. Avant même que la moindre critique se répande, les gouvernements de droite et de gauche avaient richement doté en argent public le centre Minatec, à Grenobe, dédié aux nanos. Combien de divisions ? Quatre mille salariés, dont mille cinq cents chercheurs, le tout dans notre dos.
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Oui, le coup est parti, et les chiffres officiels, donnent une vague idée du délire en cours. En 2012, les entreprises française auraient mis sur le marché, selon leurs propres déclarations, 500 000 tonnes de produits contenant des nanoparticules, que l’on retrouve en conséquence dans un nombre incalculable de produits : panneaux solaires, ciment, bagnoles, articles de sport, dentifrice, sucre en poudre, équipements médicaux, carburant, etc. Comme on a décidé de rire, ajoutons que certains nanotubes de carbone provoquent des réactions voisines de celles entraînées par les fibres d’amiante, longtemps présentées comme inoffensives. Si vous inhalez sans y penser des nanotubes de type court, pas de problème pour le moment. En revanche, s’ils sont longs – comment savoir, hein ? -, il serait plus prudent de réserver sa place au cimetière de Pantin.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), notre grand machin public, s’est penchée sur les risques des nanotubes de carbone. Extrait : « Il n’en demeure pas moins que des effets tératogènes, des effets pathologiques respiratoires (tels que la formation de granulomes, la fibrose) et des effets cancérogènes (mésothéliomes) ont été démontrés. » Précision : un effet tératogène signifie en clair des malformations chez l’enfant à naître.
En résumé, quoi ? D’évidence, les nanotubes retrouvés chez les petits asthmatiques ne sont que l’avant-garde d’une armée innombrables de nanoparticules.Pour s’en tenir aux nanos de dioxine de titane, on en trouve aujourd’hui, à condition de disposer d’un microscope à effet tunnel, dans les bons yaourts, le chewing-gum, le dentifrice et bien sûr les bombons. Les bombons, c’est tellement bon.
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Parmi les principales nanoparticules présentes dans l’alimentation, on retrouve : les nano-silices (ou oxydes de silice : E550 et E551) : utilisées pour affiner le sucre, le sel, la poudre de cacao ou encore la farine, elles apportent aussi de l’onctuosité aux préparations industrielles (sauces, soupes, yaourts, mayonnaises, etc.) le dioxyde de titane (E171) : il s’agit d’un colorant alimentaire surtout présent dans les yaourts, les biscuits industriels, les confiseries mais aussi dans les fruits et légumes à des fins esthétiques, rendant les produits plus agréables à l’œil l’oxyde de fer (E172) : utilisé comme colorant le nano-argent (E174) : excellent conservateur, il prolonge aussi l’éclat des aliments et est utilisé pour éliminer les bactéries. On le retrouve dans les charcuteries, les pâtisseries industrielles, les sodas, certains alcools et autres plats préparés.
L’avenir est dans CO2 : Mercedes lance une voiture sans pilote. Il ne manque plus que des piétons sans poumons et tout le monde sera content…

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