Mediapart et ASI lancent un appel aux dons

Le Monde 09/11/2015

mediapart

ASI-grand

Les sites d’informations Mediapart et Arrêt sur images (ASI), contraints de payer des redressements fiscaux de respectivement 4,1 millions et 540 000 euros, ont lancé aux internautes des appels aux dons.
Tous deux se sont auto appliqué depuis leur création en 2008 un taux de TVA réduit de 2,1 %, au lieu du taux officiel de 19,6 %, estimant que la presse en ligne devait bénéficier du même taux réduit que la presse papier. Depuis, la loi a changé en leur faveur : sous la pression du Syndicat de la presse en ligne (Spiil), dont Edwy Plenel, patron de Mediapart, était alors l’un des dirigeants, le gouvernement a accepté de leur appliquer le taux réduit de 2,1 %, voté par le Parlement en février 2014.
Mais pour le fisc, entre 2008 et 2014, les deux sites ont accumulé délibérément les impayés, d’où des redressements déjà notifiés l’an dernier. Leurs recours ayant été récemment rejetés, ils sont maintenant contraints de les payer, même s’ils comptent poursuivre la bataille juridique.
Ces montants sont très lourds pour ces jeunes sites qui vivent d’abonnements : Mediapart (110 000 abonnés) a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 9 millions d’euros pour un bénéfice de 1 million.
ASI (Arrêt sur image ) (26 000 abonnés) n’a, lui, dégagé que 5 500 euros de bénéfice annuel pour un chiffre d’affaires de 900 000 euros en 2014.
Ainsi, la rédaction de Mediapart a appelé jeudi 5 novembre les internautes à le soutenir sur la plate-forme J’aime l’info, qui offre une déduction fiscale de 66 %. ASI a, lui, lancé deux campagnes, l’une sur la plate-forme participative Ulule, où il s’engage à rembourser les internautes s’il obtient gain de cause, l’autre sur J’aime l’info.
En quelques heures, chacun avait déjà recueilli plusieurs dizaines de milliers d’euros : lundi, Mediapart avait déjà récolté environ 280 000 euros, ASI, avait recueilli 140 000 euros sur Ulule et 100 000 sur J’aime l’info.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Economie, Médias, Solidarité, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.