Violences faites aux femmes : Téléphone  » grand danger  » : quatre appareils désormais activés

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La Nouvelle République 26/11/2015

TELEPHONE GRAND DANGER

Quatre téléphones “ grand danger ” viennent d’être activés. Attribués par le procureur de la République, ils visent à assurer la protection voire la survie de femmes victimes de violences
Un téléphone. Et bien plus que cela en réalité. Le département d’Indre-et-Loire dispose désormais d’un outil de plus dans la lutte contre les violences faites aux femmes. En effet, après avoir été expérimenté dans d’autres départements, le dispositif téléphone « grand danger » s’étend (*).
Le principe ? Des femmes, évidemment volontaires, qui ne vivent plus avec l’auteur des coups et pour lequel une interdiction d’entrer en contact avec la victime a été prononcée, peuvent disposer de cet appareil pour une durée initiale de six mois (éventuellement renouvelable).
En cas de danger (l’homme se présente à son domicile, la suit, le menace sur son lieu de travail, lui dégrade sa voiture, etc.), le bouton d’alerte peut être actionné. Dès lors, le service de téléassistance doit lever le doute, en identifiant le danger, le lieu et la situation de la victime. Et peut dès lors déclencher le départ d’une patrouille de police ou de gendarmerie.
Si les téléphones sont attribués par le procureur de la République, les femmes susceptibles d’en disposer sont identifiées par l’association départementale d’aide aux victimes d’infractions pénales d’Indre-et-Loire (Adavip). Qui met également un dispositif d’accompagnement autour de la victime. « Il y a quatre téléphones pour l’Indre-et-Loire. Ils sont destinés à des cas exceptionnels. La difficulté est de faire des priorités dans les priorités », explique d’emblée Jean-Luc Beck, procureur de la République qui propose d’ailleurs aux collectivités territoriales de rejoindre éventuellement le dispositif pour augmenter le contingent « pour un coût de 1.000 € à 1.200 € par an ».
Déclencher une patrouille
Du côté de l’Adavip, on reconnaît également que davantage de téléphones n’auraient pas été de trop. « Malgré tout, l’Indre-et-Loire est mieux doté que d’autres départements limitrophes », explique Marie-Paule Le Bas pour qui ce dispositif permet « de sécuriser durablement la victime et qu’elle ne se sente plus en danger de mort ».
Des mots forts. Mais les chiffres sont là, tragiques. En 2012, « année noire », comme le rappelle Nadine Lorin, déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité, cinq femmes étaient mortes en Indre-et-Loire, dans le cadre de violences conjugales. « Quatre téléphones, cela correspond à peu près au risque potentiel d’homicides », conclut cette observatrice attentive.
(*) La première expérimentation a été menée en Seine-Saint-Denis en 2009. Ce dispositif s’inspire d’une idée née en Espagne au début des années 2000. Mardi après-midi, une convention a été signée au tribunal, réunissant le préfet, le procureur de la République, le directeur départemental de la Sécurité publique, le commandant du groupement de gendarmerie, la déléguée aux droits des femmes, l’Adavip et l’ACJET37.
Vanina Le Gall
Indre-et-Loire

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