Paris – Hommage aux 130 morts des attentats du 13 novembre

Le Monde 27/11/2015 Extraits

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C’est à 10 h 30 dans la cour d’honneur des Invalides, le plus haut niveau protocolaire d’hommage à la nation, qu’a été rendu, vendredi 27 novembre, celui aux cent trente morts dans les attentats du 13 novembre.
Jean-Yves Le Drian, le ministre de la défense, avait initialement proposé une cérémonie à l’Ecole militaire ; le président François Hollande a tranché en faveur de l’hôtel des Invalides. Le chef des armées y a déjà présidé plusieurs cérémonies d’hommage aux militaires morts en opération, celles engagées avant son élection, mais aussi celles qu’il a décidées.
« C’est extrêmement rare [d’y honorer des civils], explique le ministère de la défense. Quand des honneurs sont rendus à un civil, c’est parce qu’il avait un passé de résistant ou un haut grade dans la Légion d’honneur. Mais le président a voulu cette cérémonie aux Invalides du fait du caractère très solennel de cette cour carrée et de ce qu’elle représente dans la mémoire collective. »
« La Marseillaise » pour commencer et pour conclure
La cérémonie a duré près d’une heure. Sa scénographie définitive a fait l’objet d’ultimes ajustements. La Marseillaise a été jouée par l’orchestre de la garde républicaine une fois pour ouvrir la cérémonie et une fois pour la conclure. Entre les deux, les honneurs militaires rendus au chef de l’Etat, la revue des troupes et plusieurs morceaux de musique. Quand on n’a que l’amour, de Jacques Brel, a été interprété par Camélia Jordana, Yael Naim et Nolwenn Leroy pendant qu’étaient diffusés les portraits des personnes tuées, du moins celles dont les familles ont accepté de fournir les photos. Perlimpinpin, de Barbara, chanté par Natalie Dessay, accompagnée par Alexandre Tharaud, a précédé la lecture des prénom, nom et âge des assassinés, qui ont été égrenés, à l’exception d’un, les proches s’y étant opposés. L’hypothèse d’une sonnerie aux morts a été écartée, considérée comme non pertinente s’agissant de victimes civiles.
En plus de la succession de portraits photographiques des morts sur grand écran, des portraits des morts ont été posés dans la cour, mais il a fallu trouver le moyen qui permettrait à l’assemblée de les voir alors que certaines familles refusaient que les portraits de leurs proches soient filmés. Le président de la République a rendu hommage aux victimes dans un discours : « Ces hommes, ces femmes incarnaient le bonheur de vivre. C’est parce qu’ils étaient là qu’ils ont été tués. (…) Ces hommes, ces femmes étaient la jeunesse de France, la jeunesse d’un peuple libre qui chérit la culture. (…) L’attaque du 13 novembre restera dans la mémoire de la jeunesse d’aujourd’hui comme une initiation terrible à la dureté du monde, mais aussi comme une invitation à l’affronter. (…) La France mettra tout en œuvre pour détruire l’armée des fanatiques qui ont commis ces crimes odieux (…), mais la France restera elle-même, telle que les disparus l’avaient aimée. »
En comptant les officiels, les membres de l’exécutif, les ambassadeurs (trente et un pays sont concernés par des morts ou des blessés), les parlementaires, près de deux mille personnes étaient présentes dans la cour d’honneur des Invalides. Plus de la moitié sont des proches des personnes tuées, des blessés, mais aussi des personnes qui se trouvaient en terrasse ou dans la salle de concert du Bataclan le soir des attentats et qui ont été choquées.
« Votre main tendue, nous n’en voulons pas »
Trois familles ont fait savoir publiquement qu’elles n’assisteraient pas à cette messe républicaine et qu’elles se désolidarisaient de cet hommage.
……

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Emeline Cazi
Journaliste au Monde Suivre Aller sur la page de ce journaliste
David Revault d’Allonnes
Grand reporter au service politique. En charge de l’Elysée

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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