Prenez l’avion, la planète et les états paient l’addition

Univers Nature – 15/12/2015 – Pascal –
la réduction des gaz à effet de serre de l'aviation est difficileTransports aérien et maritime ont été les deux grands absents des négociations sur la réduction des gaz à effet de serre, qui se tiennent actuellement à Paris. Depuis 1997 et Kyoto, le caractère international de leur activité rend impossible la définition d’objectifs de réduction par pays, comme cherchaient à la définir les États à la COP21. Or, le seul secteur de l’aviation est à lui seul responsable de près de 3 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, soit l’équivalent du 3/4 des émissions de l’Allemagne.
Transport historiquement le plus polluant par passager transporté, l’arrivée des compagnies low-cost a fait de l’aviation un moyen de voyager peu coûteux, il est vrai bien aidé par les largesses des états. Ainsi, depuis 1944, la convention de Chicago interdit la taxation du kérosène à l’international, tandis que le secteur a, jusqu’à présent, réussi à échapper à toute taxe de ses émissions de gaz à effet de serre pour ses vols internationaux (hors Intra européens). Au-delà de ces coûteuses faveurs (le manque à gagner annuel pour l’État français représente entre 1,2 et 1,42 milliard d’euros, selon le Réseau Action Climat), le secteur est également friand de subventions et autres avantages fiscaux (aéroports, constructeurs, TVA réduite, etc.).
A titre d’exemple, les avantages fiscaux, accordés au secteur aérien en France et ramené au nombre de passagers annuels à l’intérieur du pays, représentent en moyenne une subvention de 40 € sur chaque billet. A cela, on peut également ajouter, pour les vols internationaux, l’exemption de TVA…
avion avec homme dessusThéoriquement, la définition d’objectifs de réduction des gaz à effet de serre de l’aviation devrait enfin être traitée en septembre 2016, au cours de l’assemblée générale de l’organisation internationale de l’aviation civile (OACI). Officieusement, un objectif de baisse de 50 % des émissions de CO2 d’ici à 2050, par rapport à 2005, pourrait être adopté au niveau mondial. Néanmoins, sachant que le trafic aérien double tous les 15 ans, le nombre d’appareils en circulation devrait considérablement augmenter. L’OACI estime ainsi que la consommation de carburant en 2040 pourrait être 3,5 fois supérieure à celle de 2010, avec évidemment les émissions de gaz à effet de serre correspondantes. Aussi, pour diviser par deux ses émissions, le secteur devrait se tourner largement vers les agrocarburants et des mécanismes de compensation tels la plantation d’arbres…

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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